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La belle histoire du Tournesol du Gers

Le 13 Août. 2020

Le département offre parmi les plus beaux paysages avec cette p)lante. Retour sur une histoire de plusieurs siècles, entre Amériques et Asie, avec Kevin Lognoné…

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Il a 32 ans, et sa madeleine de Proust, c’est un champ de tournesol gersois, à flanc de coteaux. Pourtant rien ne l’y prédestinait. Il est Breton.


Kevin a fait des études de juriste à Paris et s’est expatrié à Londres, puis en Asie, comme consultant dans le secteur du luxe. Quelques séjours dans le Gers, entre 16 et 18 ans, ont suffi à créer le coup de foudre. Il a suffi d’un regard. L’addiction au tournesol gersois n’allait plus le quitter.

Il a parcouru près de cinquante pays, particulièrement en Asie et au Moyen Orient. Et, comme un clin d’œil divin, il retrouve toujours le tournesol, sous une forme ou sous une autre, un peu partout en Orient.

La plante est arrivée en France par les conquêtes espagnoles. D’abord décorative, elle a servi de colorant avant de se faire connaître en Russie et en Asie.

Kevin s’intéresse alors à l’histoire de la plante et s’interroge sur le rôle du Gers dans son développement et son rayonnement. Un trait d’union entre l’Amérique et l’Asie ? Car c’est bien en Europe du Sud Ouest que va se construire la réputation du tournesol. Avant de se faire connaître en Russie, puis en Asie, où elle est adulée.


« La culture du tournesol est apparue en 3.000 av. J.-C. en Amérique Centrale et chez les Amérindiens » explique Kevin Lognoné qui s’est documenté sur le sujet. Puis au 16e siècle, le tournesol sera importé en Europe par les Espagnols, d’abord comme plante ornementale. Puis les exploitations agricoles se développent.

D’après nos recherches, dès le 18e siècle, la plante est utilisée dans le sud de la France comme teinture, grâce aux pigments de la fleur. Ceux-ci permettent d’obtenir des couleurs allant du vert au bleu, en passant par le rouge et le lilas. La première encyclopédie de 1751 de Diderot évoque même l’exportation des teintures de tournesol vers l’Allemagne, l’Angleterre et la Hollande. Elles permettent de donner une agréable couleur aux confitures, gelées et autres liqueurs.

À cette époque, la plante commence également à être utilisée pour produire de l’huile. Le premier brevet pour presser de l’huile du tournesol date de 1716.


Au 19e siècle, le tsar Pierre Le Grand tombe sous le charme de la plante. La Russie va alors produire en masse du tournesol pour fabriquer de l’huile. Les Russes joueront un rôle important en parvenant à sélectionner des espèces permettant d’extraire jusqu’à 30% d’huile à partir des graines, plus du double de ce que la plante pouvait produire jusqu’alors.

Contrairement à la légende, la fleur de tournesol ne suit pas le soleil, mais reste tournée vers l’Est pour s’en protéger.

À la fin du 19e siècle, on retrouve dans le Gers, ainsi que dans le Sud de la France, des producteurs de tournesols. Ces derniers récoltent des graines et produisent de l’huile. La France exporte même des tourteaux de tournesol (le résidu du pressage de l’huile), utilisés pour nourrir les animaux.

Mais pendant la colonisation, le gouvernement français lui préfère l’huile d’arachide, issue des colonies d’Afrique de l’Ouest. Celle-ci est de surcroît meilleur marché. Il faudra donc attendre l’indépendance des colonies et les années 60 pour voir se développer massivement les champs de tournesols. Aujourd’hui, les graines permettent d’obtenir 40 % d’huile, encore mieux que le tournesol russe du 19e siècle.


« Cette plante est fascinante. Elle est très impressionnante par sa taille. Elle est héliotrope, c’est-à-dire que ses feuilles suivent le soleil, au moins une partie de son évolution » indique Kevin Lognoné. Par contre, la fleur de tournesol ne suit jamais l’astre solaire, contrairement aux idées reçues. Elle reste tournée vers l’Est pour s’en protéger.

« Le Gers offre le plus bel agrément de cette plante et les plus beaux paysages. On ressent à travers cette harmonie, un lien fort avec les villages, les usages et la tradition. Rien à voir avec les champs gigantesques répondant à un besoin purement industriel ».

« Ce qui est incroyable, c’est qu’à partir de la France et l’Espagne, la plante s’est faite connaître en Orient. On retrouve même le tournesol comme emblème de la contestation à Taïwan (le mouvement des tournesols). C’est le symbole de la résistance à la puissance chinoise. Le refus du soleil de Pékin et le maintien à l’Est » explique-t-il. En effet, tout comme la fleur, le mouvement des tournesols cherche à protéger le pays d’un rapprochement avec la Chine en restant fixé à l’Est.


L’Asie a comme une admiration pour le tournesol. Savez-vous que les touristes japonais viennent massivement en Espagne pour admirer la plante, symbole de vie, de lumière et d’énergie ?

Quant au Gers, « on y ressent une harmonie, un lien fort de la plante avec les villages, les usages et la tradition » conclut Kevin. Le globe-trotter en est convaincu, c’est véritablement dans le Gers qu’on trouve les plus beaux paysages, avec ces champs vallonnés à flanc de coteaux.

Kevin cherche à enrichir ses connaissances sur le tournesol du Gers. Il profite de cet article pour communiquer son adresse mail. Si vous avez des connaissances complémentaires sur l’histoire du tournesol gersois, n’hésitez pas à le contacter sur kevin.lognone@e-ismapp.com.


Article réalisé en collaboration avec le Journal du Gers et Alain Gravil

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