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L’Eusko a une grosse cote !

Le 03 Juin. 2019

La devise complémentaire du Pays basque a passé le cap du million et demi d’unités en circulation. Elle est ainsi devenue la première monnaie locale d’Europe…

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Cinq ans après sa naissance, elle est utilisée par 3.200 personnes. Cette réussite est en partie due au lancement en mars 2017, de la carte de paiement en eusko, utilisée comme une carte bancaire classique.


A cette période, 544.000 euskos étaient en circulation sous forme de billets. Dès lors, le nombre d’unités en circulation a doublé. De plus, la Ville de Bayonne a établi une convention avec Euskal moneta, l’association qui a créé et gère cette monnaie locale, pour permettre aux professionnels de demander à la mairie des paiements en euskos.

L’association Euskal moneta a commencé ses travaux en septembre 2011, et l’eusko a été mis en circulation après un an et demi d’un travail le 31 janvier 2013 sur l’ensemble du Pays Basque français. Parallèlement, une campagne participative a été lancée pour choisir le nom de la monnaie.


Cette démarche démocratique a mobilisé un grand nombre de personnes et attiré l’attention des journalistes. A ses débuts, l’Eusko comptait 800 utilisateurs et 192 prestataires (principalement des militants), mais l’eusko a en quelques mois largement dépassé ce premier cercle. Les 126.500 euskos imprimés prévus pour tenir deux ans sont partis en trois mois, et 350.000 ont dû être réimprimés en urgence.

Aujourd’hui, 880 commerces et entreprises et plus de 150 associations utilisent l’Eusko dans 18 communes l’agglomération du Pays basque. Ces collectivités peuvent, par exemple, verser en euskos leurs indemnités aux élus qui le souhaitent. Payer des fournisseurs. Accepter aussi la monnaie « basque » dans certains services publics : piscines, cantines, activités périscolaires…


Comment ça marche ?

Quand on change 100 euros, on reçoit 100 euskos pour faire des achats dans un réseau de professionnels engagés pour l’environnement, l’euskara (langue locale) et l’emploi local. Ces 100 euros sont placés par Euskal moneta dans un fonds de réserve pour répondre à l’obligation légale de détenir un euro pour chaque eusko en circulation.

Euskal moneta dépose ces euros : pour la plus grande partie sur un livret de la Caisse solidaire, qui s’engage alors à investir l’équivalent des euros déposés sous forme de prêts solidaires à des entreprises et associations du Pays Basque.

Ces prêts de la Caisse solidaire étant décidés par un comité d’engagement réunissant des acteurs économiques du Pays Basque, dont un représentant d’Euskal moneta. Ils permettront de générer 100 euros de prêts solidaires pour des entreprises et des associations du réseau Eusko.


L’eusko donne ainsi l’occasion de sortir une partie de l’argent épargné dans une banque classique, généralement spéculative, pour le mettre au service de projets utiles.

Depuis le 19 mars 2017 existe également l’eusko numérique : avec des comptes eusko en ligne gérés directement par Euskal moneta, et une carte de paiement reliée pour régler ses achats dans les commerces, l’euskokart.

Le lancement de cette carte a considérablement stimulé le développement de l’eusko sur le territoire. Le principe est simple : ses détenteurs virent, chaque mois, une somme de leur compte courant habituel, vers leur compte euskos. Pécule qu’ils dépensent grâce à leur carte.

Chaque mois, près de 62.000 euros ont été converti en eusko et transférés sur les comptes euskos numériques. Environ 3.200 particuliers adhèrent à l’eusko, dont 1.500 en version dématérialisée. Le réseau des professionnels compte 880 entreprises.

L’association gère toutes les décisions relatives à cette monnaie, ainsi que l’habilitation des structures et personnes pouvant recevoir cette monnaie comme moyen de paiement. Pour être habilitées, les entreprises doivent obéir à un cahier des charges, édictant un certain nombre de règles d’inéligibilités : entreprises très polluantes ou connues pour leurs pratiques sociales déplorables, grandes chaînes internationales, agriculture industrielle, producteurs ou commerçants ne se fournissant pas du tout auprès d’autres producteurs locaux.


Un double défi à relever…

Plus de 44.000 euskos de dons ont été distribués depuis 2013 à une trentaine d’associations. Par ailleurs, l’eusko possède un système de défis qui permet a une entreprise ou une association d’entamer une démarche de progrès, en relevant au moins deux défis en deux ans. Pour l’environnement d’une part, comme par exemple utiliser 3 produits locaux, faire travailler 3 membres du réseau eusko ou réaliser le tri des déchets dans l’entreprise. Pour l’euskara d’autre part, en proposant un affichage bilingue, (français/euskara) pour ses clients ou en assurant un accueil en basque.

Au 31 janvier 2017, 317 entreprises et associations étaient engagées dans la mise en place d’un affichage bilingue grâce aux défis de l’eusko et avec le soutien de l’Office public de la langue basque.


Valoriser le territoire et sa culture…

L’eusko est avant tout un moyen pour les professionnels et les particuliers de participer à un projet collectif pour un développement du Pays Basque, la défense de l’environnement, de la langue basque, du commerce de proximité et de l’agriculture paysanne sur le territoire et plus globalement la qualité de la vie.

De plus, l’entreprise, le commerce, le travailleur indépendant, le petit producteur qui rentrent dans le réseau de la monnaie locale constitue un réseau important. Les particuliers ne peuvent dépenser leurs euskos que dans ce réseau. Cela peut permettre à ces professionnels et associations de fidéliser leur clientèle, voire de gagner de nouveaux clients.

De plus, l’Eusko a un effet « label », garantissant un certain état d’esprit et une certaine qualité des pratiques des entreprises membres du réseau. L’eusko permet aussi de se poser la question de l’origine et de la manière dont sont fabriqués et distribués les produits et services qu’il consomme au quotidien.


L’eusko représente la garantie de faire ses achats auprès d’entreprises manifestant un intérêt minimum pour le territoire où elles sont installées, ainsi que pour la diversité linguistique et culturelle, et les valeurs écologiques et sociales. Elle lui permet de manifester au quotidien, par un geste des plus concrets et visibles, par un instrument des plus simples à porter et à utiliser, son attachement à son territoire et à un certain modèle de société et d’économie. Le consommateur quotidien devient acteur.

La relocalisation d’une partie du pouvoir d’achat renforce le tissu économique local et permet de limiter les transports, grands consommateurs d’énergie et d’infrastructures, et grands émetteurs de gaz à effets de serre responsables du dérèglement climatique. En favorisant les productions responsables et soutenables, elle réduit dès aujourd’hui notre empreinte écologique.

Informations sur le site internet – cliquez ici

 

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