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Ouverture de la très innovante « Méca » fin juin

Le 15 Mar. 2019

La Maison de l’économie créative et de la culture de Nouvelle Aquitaine s’imposera comme le haut lieu de la politique culturelle régionale. A découvrir absolument…

Ce bâtiment, situé quai de Paludate, dans le nouveau quartier Euratlantique, accueillera à la fois le FRAC (Fonds régional d’art contemporain), l’Alca (Agence livre, cinéma & audiovisuel) et l’Oara (Office artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine).


Il faudra s’habituer aux 11.000 m3 de béton de cette arche massive et irrégulière désormais posée au bord de la Garonne, à deux pas de la nouvelle Halle Boca. Un beau bébé architectural de 37 mètres de haut pour 120 de long, couvert de 4.800 panneaux et dont les deux piles en béton de hauteurs distinctes (5 et 6 étages) hébergeront respectivement l’Oara et l’Alca. D’un sommet à l’autre s’étend un « pont » en structure métallique où sera logé le FRAC. Une charpente de 750 tonnes et pas moins de 800 tonnes d’armatures font tenir le tout.


Cet ensemble proposera 18.000 m2 de surfaces, dont 1.200 de salles d’exposition et 900 de réserves (le FRAC abrite 1.200 œuvres, pour un montant de 20 millions d’euros). Parmi les autres espaces de cette Méca, on peut citer une salle de cinéma de 80 places, un auditorium de 90 places, une scène modulable de 360 m2 et 250 places ou encore un studio de création de 80 m2.

Sur le toit, une terrasse de 850 m2, située à 25 mètres de hauteur, devrait permettre au public de jouir du panorama, et accessoirement être louée aux entreprises souhaitant y organiser des événements.


Favoriser les synergies artistiques…

Le coût total de cet édifice hors normes, conçu par le cabinet danois BIG et les parisiens de l’agence Freaks, s’élève à 60 millions d’euros (dont 42 pour les travaux), quasi-intégralement financés par la région, et à hauteur de 4 millions par le ministère de la culture. L’architecte Bjarke Ingels le décrit comme une « Mecque des différents arts » ou « un portail que les gens pourront traverser à leur guise pour rejoindre le centre historique de Bordeaux ».


Un bâtiment qui, avec la rectitude de ses lignes et ses angles aigus, prend le contrepied de la Cité du Vin inaugurée en 2016, toute en courbes et de verre. Le chantier qui s’achève, réparti en 19 lots, aura fait travailler 24 entreprises, dont 16 en Nouvelle Aquitaine.

Cette Méca bordelaise, d’une capacité d’accueil de 1.500 personnes, recevra les quelque 50.000 visiteurs annuels du FRAC. Elle supportera un coût de fonctionnement d’environ 2,3 M€ d’euros par an, incluant les salaires d’une soixantaine d’employés. À noter qu’un café-restaurant avec terrasse sera exploité en rez-de-chaussée.


La vocation du lieu était avant tout de créer des synergies culturelles entre organes du spectacle vivant, du livre, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’art contemporain, tout en proposant un lieu attractif et unique pour recevoir et attirer le public. Et pour bien le rappeler, sera installée en juin, aux abords du bâtiment, une œuvre monumentale de l’artiste Benoît Maire, retenue au titre du « pourcent » artistique imposé par l’État dans le cadre de la construction de nouveaux bâtiments publics. Une œuvre à 300.000 euros représentant une demi-tête d’Hermès en bronze, d’un poids total de 800 kg et réalisée à la fonderie d’art bordelaise des « Cyclopes ». Baptisé « Un Détail », cet Hermès devrait être positionné en regard du bâtiment et face à la Garonne de façon à créer un effet de trompe-l’œil.


Le choix d’œuvre est assez judicieux car en dépit de son nom, cet élégant hommage à la culture grecque manquera peut-être d’irriter les détracteurs de l’art contemporain. Qui au pire ne resteront pas de marbre…

Tous les détails du chantier – cliquez ici

 

Photos : Nouvelle Aquitaine – Alexandre Dupeyron


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