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Demain – Que se passera t-il après la crise sanitaire ?

Le 23 Mar. 2020

Un milliard de personnes est confiné dans le monde. La vie économique s’arrête sur tous les continents. Pour combien de temps ? Personne ne le sait…

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Une chose est sûre, la situation économique va obliger la planète entière à se remettre profondément en question, à revoir ses repères et ses modèles. Si le défi à relever sera forcément vertigineux, s’il pourra paraître à beaucoup impossible, il peut aussi représenter une chance dans un monde qui avait un peu perdu la tête.


PresseLib’ essayera de vous donner différents éclairages. Nous commençons aujourd’hui par la crise financière qui se manifeste déjà. La tempête boursière liée au covid-19 semble s’être calmée en fin de semaine dernière, après les annonces de la BCE. Mais la situation reste fragile et la pente s’annonce longue à remonter.

Mercredi dernier, le CAC 40 chutait encore de près de 6%, passant sous la barre symbolique des 3.800 points, alors qu’il évoluait encore au-delà des 6.000 points le 21 février. Après l’annonce en soirée d’un plan de la Banque Centrale Européenne, l’indice a légèrement rebondi jeudi et vendredi.


Ne profitez pas de votre séjour prolongé chez vous pour aller prendre des nouvelles de votre plan d’épargne en actions : ce n’est absolument pas le moment, et encore moins celui de vendre… Ces deux dernières semaines, la dégringolade du CAC 40 a été assez inédite, avec deux des 3 pires séances enregistrées depuis la création de l’indice, en 1988, et en particulier ce nouveau « jeudi noir » du 12 mars, où il a clôturé en baisse… de 12,28%. Même en 2008, dans la foulée de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, la CAC n’avait chuté que de 9% : jusqu’ici, c’était un record sur une journée.

Jusqu’à mercredi dernier, où il est tombé à 3.754 points, rien ne semblait pouvoir enrayer sa chute. Mais dans la soirée, par la voix de sa présidente Christine Lagarde, la Banque Centrale Européenne a annoncé un programme de rachat d’obligations d’États et d’entreprises de 750 milliards d’euros, faisant grimper à plus de 1.000 milliards ses achats d’actifs prévus pour 2020. Des mesures énergiques qui ont entraîné en France un rebond de 2,68% jeudi dernier, qui semble s’être confirmé vendredi, avec un CAC qui se maintenait bien au-dessus des 4.000 points.


Encore tellement d’incertitudes…

Était-ce le grand creux de la vague avant une lente et douloureuse remontée de la pente ? Difficile à dire dans le contexte fort incertain du moment. Tout sera une question de durée. En 2009, le CAC 40 avait sombré jusqu’à 2.519 points, après un pic à 6.168 en 2007. La crise de 2008 était passée par là. Lundi dernier, des voix s’élevaient encore pour une fermeture de la bourse.

L’AMF (Autorité des Marchés Financiers) a pour l’instant déjà interdit pour un mois la vente à découvert de titres cotés à Paris. Certains économistes considèrent qu’il faut aller plus loin pour éviter des rachats « sauvages » de certaines de nos entreprises (on pourrait avoir de grosses surprises sur des prises de contrôles de grands groupes mondiaux) et l’injection de milliards d’euros par la banque centrale pour soutenir les marchés. Milliards qui selon ces tenants de la fermeture devraient plutôt être employés à une future politique de relance.


Pour d’autres, une fermeture ne serait pas sans inconvénients en ce qu’elle représenterait un nouveau précédent qui pourrait avoir des effets pervers sur les marchés et la confiance des investisseurs. En termes plus clairs, une fermeture de la bourse ne ferait que cacher un phénomène de déprime bien réel qui se manifesterait de nouveau à la réouverture, d’une manière plus imprévisible ou spectaculaire…

Aux États-Unis, on a opté pour une solution intermédiaire, avec une suspension des d’échanges d’un quart d’heure en cas de chute de plus de 7% de l’indice S&P 500. Le dispositif américain ne prévoit de suspension de séance qu’à un niveau de baisse de 20%.

Bien entendu, comparaison n’est pas raison, et cette crise financière n’est pas tout à fait de même nature que celle de 2008. Elle est structurellement liée au blocage de l’activité provoqué par le coronavirus, qui empêche les entreprises de tourner au rythme habituel et qui naturellement ne rassure pas sur la capacité de toutes à sortir sereinement de cette période.


Pour autant, entre scénarios catastrophe et optimisme exagéré, il faudra attendre pour mesurer la portée réelle d’une crise dont il ne faut pas oublier la nature globale, à la fois sanitaire, économique et financière, ces trois volets étant interdépendants. Si la BCE prévoit une « récession considérable » en cette année 2020, il y a tout de même des raisons d’espérer en circonscrire un peu les effets et la durée.

Découverte d’un vaccin ou évolution favorable de l’épidémie, capacité des entreprises à rebondir au moment d’un retour à la normale, stabilité des marchés après les annonces de la BCE, choc psychologique positif à l’issue du confinement : tout cela pèsera dans la balance…

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