Dans le nord de Mont-de-Marsan, le village de Garein a pris depuis longtemps l’habitude de voir la vie en fleurs. Chaque premier week-end de mai, au moment où la végétation se réveille, la commune de Haute Lande se métamorphose en vaste galerie végétale à ciel ouvert. Pendant deux jours, entre 12 000 et 15 000 visiteurs viennent y respirer un parfum de printemps devenu une signature locale.
Depuis 1986, les Floralies de Garein ont su s’enraciner durablement dans le calendrier landais. Leur secret tient à un mélange de fidélité à l’esprit d’origine et sa capacité à se réinventer. Ce rendez-vous, a grandi au fil des éditions pour devenir l’un des événements horticoles les plus attendus du territoire.
Un marché aux fleurs… et bien plus encore
L’histoire commence par un déclic. Lors d’un voyage en Dordogne, Pierre Vives découvre des Floralies à Aubeterre-sur-Dronne. Malgré la pluie, la foule est au rendez-vous. L’idée germe aussitôt. De retour à Garein, il en parle à Daniel Dupouy et Alain Dandy, respectivement Président de la Chasse et Président du Comité des Fêtes. Tous deux adhèrent immédiatement au projet, même si l’aventure s’annonce semée d’embûches.
Sans expérience ni budget conséquent, il faut inventer, bricoler, mobiliser. Les bénévoles répondent présents, rejoints par les associations locales et les parents d’élèves. Les horticulteurs du Sud-Ouest acceptent de jouer le jeu en prêtant fleurs et savoir-faire. Un ancien jardinier de la Ville de Paris apporte ses conseils techniques, tandis que le terreau est fourni par Biolandes. La mécanique collective est lancée. Les Floralies de Garein viennent de planter leur première graine.
Aujourd’hui, l’événement a pris de l’ampleur. Sur un site public d’environ 15 000 m² décoré pour l’occasion, une quarantaine d’horticulteurs et pépiniéristes proposent une large palette végétale. Rosiers, agrumes, plantes carnivores, vivaces, bulbes ou plants potagers bio composent une offre qui attire aussi bien les jardiniers aguerris que les promeneurs du dimanche.
Mais au fil du temps, la manifestation s’est enrichie d’ateliers, de démonstrations, de conseils professionnels et d’animations familiales. De ce fait, l’ambiance reste volontairement conviviale et rurale. Pour Garein et les communes voisines, le rendez-vous constitue un véritable temps fort. Il dynamise l’économie locale, soutient la filière horticole et met en lumière le cadre naturel des Landes.
2026 : une scénographie entre Japon et poésie végétale
Chaque année, les décors sont confiés à un artiste différent. En 2026, la création florale sera signée Sarah Robaky, diplômée en technologies végétales et fondatrice d’Or Végétal. Son projet, baptisé Kodomo no Hi, s’inspire de la fête japonaise des enfants célébrée le 5 mai.
Dans la tradition nippone, cette journée rend hommage à la force, à la croissance et à la protection de l’enfance. Les célèbres koinobori, carpes de tissu flottant au vent, symbolisent la persévérance et la métamorphose. Sarah Robaky en propose une relecture végétale sensible et immersive.
Tout au long de la déambulation, le visiteur est invité à entrer dans un récit floral où l’enfance devient fil conducteur. Sous le mail de platanes, sur les murs de l’église romane, près du ruisseau ou de l’étang voisin, les installations se fondent dans le paysage.
Si la scénographie porte la signature d’une artiste, sa réalisation reste une œuvre collective. Comme dans un atelier d’art, les « petites mains » bénévoles entrent en scène pour souder, coller, assembler et mettre en place les compositions. Sous la houlette du maître d’œuvre, cette équipe aguerrie transforme le village en fresque vivante. Ce travail de l’ombre constitue l’une des forces historiques des Floralies. Ici, l’art floral pousse toujours en collectif.
Un village qui cultive son rendez-vous
Au-delà des installations spectaculaires, ce qui fait le charme durable des Floralies de Garein tient aussi à l’atmosphère. Le visiteur circule dans un village à taille humaine où tout semble pensé pour la flânerie. On vient y chercher des plants, bien sûr, mais aussi des idées, de l’inspiration.
Année après année, la manifestation confirme sa capacité à se renouveler. Dans un territoire profondément attaché à la nature, elle agit comme un trait d’union entre patrimoine rural, création artistique et passion du végétal.
Près de quarante ans après la première édition, la greffe continue de prendre. Et à chaque printemps, Garein prouve qu’avec un peu d’imagination, beaucoup de bénévolat et une solide passion pour les fleurs, un petit village peut faire éclore un grand événement.
COUP DE POUCE
Si vous avez d'assister au sacre du printemps, alors rendez-vous à Garein pour une parenthèse qui sent bon les fleurs et la créativité. Le temps d’un week-end, le village se transforme en véritable jardin d’art où l’on flâne autant qu’on s’émerveille. Les Floralies offrent mille bonnes raisons de faire le déplacement : des allées fleuries qui inspirent, des producteurs passionnés prêts à distiller leurs conseils, des décors spectaculaires qui invitent à la rêverie et cette ambiance conviviale qui fait toute la différence.
Cet événement floral mérite vraiment un coup de pouce de notre part. Comment ? N'hésitez pas à partager cet article sur vos réseaux sociaux afin de semer la bonne nouvelle. C’est le moment idéal pour faire le plein d’idées pour son jardin, dénicher de belles plantes ou simplement profiter d’une sortie nature.
Sébastien Soumagnas






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