La dialyse est un traitement médical de suppléance indispensable lorsque les reins ne peuvent plus assurer leur fonction naturelle de filtration. Concrètement, ce procédé consiste à débarrasser le sang des toxines, des déchets et de l'excès d'eau que l'organisme ne sait plus éliminer, avant de le réinjecter épuré dans le corps.
Cette filtration s'effectue soit à travers un filtre externe relié à une machine lors de l'hémodialyse, soit en utilisant la membrane naturelle de l'abdomen pour la dialyse péritonéale.
Ce traitement vital devient nécessaire en cas d'insuffisance rénale chronique terminale, un stade critique où les reins ont perdu plus de 85 % de leurs capacités.
Cette dégradation irréversible trouve généralement son origine dans le diabète qui endommage progressivement les petits vaisseaux sanguins rénaux, dans l'hypertension artérielle chronique mal contrôlée, ou encore dans des pathologies héréditaires comme la polykystose rénale et des maladies inflammatoires des reins telles que les glomérulonéphrites.
Pour les patients touchés, ces séances de filtration sanguine doivent être renouvelées plusieurs fois par semaine. Pendant plus de trois décennies, cette lourde contrainte médicale s'est accompagnée d'une épreuve logistique considérable. Aujourd'hui, l'ouverture de structures adaptées de proximité permet d'alléger significativement ce quotidien exigeant.
En effet, comme le rappelle le docteur Éric Monlun, président de la Commission médicale d'établissement, « pendant 32 ans, tous les patients devaient aller dans la Clinique d'Aressy pour être dialysés, à une dizaine de kilomètres de l'agglomération paloise, en transport médicalisé ».
Depuis quelques mois, c'est une véritable bouffée d'oxygène qui s'offre aux patients et aux soignants, matérialisant des années de travail menées tambour battant par le Centre hospitalier de Pau.
En effet, la création d’un tout nouveau centre de dialyse au cœur de l'hôpital public change radicalement la donne humaine et médicale. En réduisant drastiquement les temps de transport, ce centre limite la fatigue physique immense qui pèse sur les malades et favorise le maintien d'une vie sociale et professionnelle.
Cet ancrage de proximité améliore de surcroît l'observance des soins, garantissant une plus grande équité pour les populations des zones rurales ou isolées.
De la première pierre à une unité de pointe
La concrétisation de ce projet traduit une ambition médicale de longue haleine menée par l'hôpital palois. L'aventure s'est amorcée en 2020 avec l'arrivée de la docteur Laure Burguet, spécialisée en néphrologie, qui a posé les jalons de cette spécialité d'abord rattachée aux consultations d'endocrinologie.
Devenue une unité à part entière dotée de neuf lits en 2025, la néphrologie paloise s'est érigée en un service clé du territoire.
Aujourd'hui, le plateau technique flambant neuf dispose de douze postes entièrement équipés de lits, de générateurs de dialyse, de télévisions et d'un îlot central de soin. Une montée en puissance minutieuse est orchestrée au quotidien par les équipes soignantes.
Le docteur Chrystel Carrion, cadre de santé dans le centre de dialyse, détaille l'activité actuelle : « Nous sommes montés progressivement en charge. Actuellement, nous dialysons les lundis, mercredis et vendredis, avec deux séances par jour. Nous nous occupons de 10 patients chroniques et gardons deux lits pour les urgences, car nous prenons également en charge tous les patients hospitalisés et nous faisons aussi depuis peu de la plasmaphérèse. Nos capacités maximales sont quasiment atteintes, c'est pour cela que nous allons progressivement ouvrir les autres jours de la semaine, le samedi compris, en fonction de la demande ».
Le service irradie également au-delà des portes de l'agglomération, puisque 10 % de son activité est dédiée aux patients de l'hôpital d'Oloron.
Un levier d'attractivité et d'avenir pour le territoire
Au-delà du soulagement immédiat apporté aux patients, ce nouveau service insuffle une dynamique vertueuse à l'ensemble de l'écosystème de santé local.
Sur le plan organisationnel, il contribue à désengorger les grands centres hospitaliers régionaux, leur permettant de se recentrer sur les cas les plus complexes.
Il participe activement à la lutte contre les déserts médicaux en renforçant l'attractivité du Béarn pour les professionnels qualifiés, qu'il s'agisse de néphrologues, d'infirmiers spécialisés ou de techniciens biomédicaux.
Loin d'être un point d'arrivée figé, cette structure a d'ores et déjà été pensée pour l'avenir : une réserve foncière est d'ailleurs conservée à disposition si le service devait pousser ses murs pour répondre à des besoins croissants et « d’autres projets sont dans les tiroirs », assure Julien Rossignol.
En ancrant solidement cette prise en charge vitale dans le service public palois, l'hôpital démontre que l'innovation médicale et l'attention portée à l'humain marchent main dans la main, ouvrant la voie à de nouveaux chapitres pour la santé béarnaise.
Noémie Besnard



N.B

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