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DÉCRYPTAGEZFE : faible émission et grande confusion

À terme, 1 Français sur 2 pourrait ne plus être autorisé à circuler dans le centre des villes principales. Bordeaux, Pau et Bayonne sont potentiellement à nouveau concernées. Cela malgré le rejet d'une nouvelle tentative au Parlement.
DÉCRYPTAGE - ZFE : faible émission et grande confusion
Alors qu’à la fin du mois janvier 2026, députés et sénateurs ont voté en commission mixte paritaire la suppression de ces « zones à faibles émissions », le gouvernement a relancé cette mesure par le biais d’un amendement. Tentative à nouveau avortée, provisoirement.

On a beau prendre la question par tous les bouts, le serpent de mer des ZFE, ces zones à faibles émissions, constituent toujours un vrai casse-tête.
 
Petit rappel : dans le but de lutter contre la pollution, donc d’améliorer la qualité de l’air des grandes villes, responsable selon Santé publique France, du décès de 40.000 personnes chaque année, les ZFE ont été imaginées pour limiter les déplacements des véhicules à moteur thermique.

Après Paris, Rouen, Lille, Strasbourg, Toulouse et Reims, et cinq autres villes, la mesure avait été élargie le 1er janvier 2025 aux métropoles régionales, une quarantaine en tout, comptant au moins 150.000 habitants. Sur nos territoires, Bordeaux, Pau et Bayonne faisaient partie du lot.
 


Ces ZFE avaient été votées quatre ans plus tôt, dans le cadre de la loi Climat et Résilience. Dans la pratique, les véhicules avec une vignette Crit’Air 5 étaient théoriquement interdits depuis 2023, suivis des Crity’Air 4 depuis 2024 et les 3 en 2025. 
 


L’idée est que les véhicules les plus anciens sont estimés plus polluants, et donc progressivement interdits. Échappent au diktat les véhicules d’État (ben voyons), ceux des personnes handicapées et les voitures de collection. Et si, d’humeur rebelle, vous passez outre, gare à la sanction : vous risquerez une amende forfaitaire de 68 euros. 
 


C’est enfoncer une porte ouverte que de constater que cette interdiction vise les automobilistes les plus modestes, qui n’ont pas les moyens de s’acheter une voiture neuve, a fortiori électrique. Fracture sociale en vue, quand on sait que 38% des ménages les plus pauvres ont un véhicule classé Crit’Air 4 ou 5… Et que le pouvoir d’achat constitue la priorité des préoccupations des Français. Là, c’est le coup de pied de l’âne !
 
Le constat est le même pour les petits patrons, les artisans, qui sont sous la menace d’être interdits de pénétrer dans le cœur des villes, où pourtant les besoins sont similaires à ceux des banlieues (réparations, travaux, livraisons). Un vrai casse-tête, délibérément mis en place pour inciter la population à passer à l’électrique, en dépit du prix d’achat du véhicule et du manque de bornes, voire de l’attente aux stations de recharge et le manque d’autonomie des batteries.
 
Une solution consiste à changer la motorisation du véhicule (donc d’évoluer du thermique vers l’électrique), une opération appelée retrofit, qui lui permettrait de passer à travers les mailles du filet. Mais qui s’élèverait à environ 20.000 euros. Une paille ! 
 


La grogne s’est exprimée fortement. Et Pierre Chasseray, délégué général de « 40 millions d’automobilistes » avait maintes fois incité les autorités à revoir leur copie sur les ZFE, qualifiées de « bombes à retardement social ». « On est tout simplement en train d’interdire à un Français sur deux de circuler avec sa propre voiture. C’est inacceptable ! Pas besoin d’avoir fait Polytechnique pour comprendre qu’en interdisant à un Français sur deux de rouler, ça va mal se passer ».

20 communes potentiellement concernées sur le 64

L’amendement, qui vient d'être rejeté, proposait notamment de laisser « le libre choix aux collectivités territoriales » de déployer ou non ce dispositif qui limite la circulation de certains modèles selon la vignette Crit’Air.

On peut imaginer que les partisans des ZFE reviendront rapidement à la charge sous une autre forme.
 
En Béarn, les restrictions de circulation pourraient s'appliquer du lundi au vendredi de 9h à 18h dans un périmètre identifié couvrant 8 communes : Billère, Bizanos, Gelos, Idron, Jurançon, Lons, Mazères-Lezons et Pau. Cette zone englobe une population de 100.000 habitants.
 

Au Pays Basque, 11 communes pourraient être concernées : Hendaye, Urrugne, Ciboure, Saint-Jean-de-Luz, Guéthary, Bidart, Biarritz, Anglet, Bayonne, Boucau et Tarnos.
 


Seraient interdits sur ces zones : des voitures et camionnettes essence immatriculés avant 1997 (plus de 28 ans en 2025) ; des voitures et camionnettes diesel immatriculées avant 2001 (plus de 23 ans en 2025) ; des poids lourds immatriculés avant 2006 (plus de 19 ans en 2025) ; des deux roues motorisés immatriculés avant 2000 (plus de 25 ans en 2025). 
 

Affaire à suivre…

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