Il suffit parfois de quelques notes pour changer de latitude. Les 21 et 22 août, le lac de Christus, à Saint-Paul-lès-Dax, va une nouvelle fois devenir un petit port d’attache pour des musiques venues d’ailleurs. Depuis 26 ans, Tempos du Monde fait ainsi voyager son public sans lui demander de quitter les Landes. Pour sa 26e édition, le festival entend poursuivre cette aventure avec deux soirées où se croiseront sonorités africaines, musiques latines, afro-funk, hip-hop et électro.
Mais réduire Tempos du Monde à un festival de « musiques du monde » serait passer à côté de son véritable tempo. Car depuis ses débuts, la manifestation cherche à faire découvrir, à travers les artistes et leurs répertoires, des cultures, des histoires et des façons différentes de regarder le monde. Le tout dans un cadre qui, lui, ne pourrait être plus landais : le Théâtre de verdure du lac de Christus.
Une scène ouverte sur ailleurs
Vendredi 21 août, la première soirée donnera rapidement le ton. Sabar Spirit, porté par la compagnie de Khady Sarr, fera découvrir le sabar, tradition sénégalaise où percussions et danse sont intimement liées. Une entrée en matière qui place d’emblée la transmission culturelle au cœur du rendez-vous.
La chanteuse sénégalaise Mariaa Siga prendra ensuite le relais avec un univers nourri d'influences africaines, folk, soul et reggae. Puis Vaudou Game, formation franco-togolaise emmenée par Peter Solo, fera monter la température avec son afro-funk inspiré des musiques traditionnelles du Togo et du Bénin. Une musique qui ne demande pas vraiment à être expliquée pour donner envie de danser.
La soirée prendra enfin la direction de l’Amérique latine avec La Yegros. La chanteuse argentine installée en France mêle cumbia, électro, musique andine et influences urbaines. Déjà présente à Tempos du Monde en 2025, elle illustre aussi la fidélité du festival à des artistes qui correspondent à son identité. Linoa, en DJ set, refermera cette première traversée sur une tonalité plus électronique.
Le samedi, changement de fréquence
Le lendemain, le voyage continue, mais sur une autre fréquence. Zar Electrik ouvrira la soirée avec une rencontre entre musiques traditionnelles d’Afrique du Nord et du Sahel et sonorités électroniques contemporaines.
Puis viendra l’un des rendez-vous les plus attendus de cette édition : Neg'Marrons. Figure majeure du reggae et du hip-hop français, le groupe apportera au festival une dimension plus populaire et intergénérationnelle, sans rompre avec son goût pour les croisements musicaux.
Spelim proposera ensuite un « Art Show » qui brouille à son tour la frontière entre concert et spectacle. La soirée s’achèvera avec le FAMA Collectif, accompagné du DJ Mali-K, pour prolonger la fête sur les platines.
Deux soirées, donc, mais surtout deux itinéraires musicaux. Car Tempos du Monde ne cherche pas à mettre le monde en vitrine, il préfère le faire dialoguer.
Cette ouverture ne concerne d’ailleurs pas uniquement les noctambules. Le samedi après-midi, le festival ouvre gratuitement ses portes à tous avec un spectacle jeune public, des ateliers et des animations familiales. Une façon de transmettre cette curiosité pour les cultures d’ailleurs aux plus jeunes et de cultiver un public véritablement intergénérationnel.
Autour de la scène, le village prolonge cette atmosphère. Food-trucks, tente berbère, buvettes, exposants et associations participent à cette petite ville éphémère où l’on vient autant écouter que découvrir. Les associations peuvent notamment présenter leurs engagements et leurs valeurs, ajoutant une dimension solidaire à la manifestation.
Un festival du monde, mais bien d’ici
Pour faire voyager les festivaliers, Tempos du Monde n’a jamais eu besoin de se déraciner. Il assume au contraire son implantation à Saint-Paul-lès-Dax et son environnement naturel.
Cette volonté se retrouve dans sa démarche écoresponsable, avec une attention portée aux circuits courts, aux fournisseurs locaux et aux produits bio. Le cadre du lac de Christus participe lui aussi à cette identité. Ici, les musiques venues d’Afrique, d’Amérique latine ou des Caraïbes résonnent dans un paysage profondément landais.
En 2026, Tempos du Monde peut surtout s’appuyer sur une histoire de 26 ans. Au fil des éditions, le festival a construit une ligne artistique fondée sur la découverte et le métissage, faisant se rencontrer des univers parfois éloignés en apparence.
Sébastien Soumagnas



Tempos du Monde DR

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