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ICI, ON PRODUIT LA VIEErro : fabriquer ici est un choix d’avenir

À Itxassou, Erro ne fabrique pas seulement des sacs et des objets en cuir. La maison familiale défend une certaine idée de la production : préserver des savoir-faire, créer de l’emploi ici et faire vivre un territoire au-delà du tourisme
La famille Devoucoux ont le cuir dans la peau
Erro DR
Pendant cette période estivale, PresseLib’ Pays Basque vous propose un nouveau zoom sur la cinquantaine de témoignages déjà publiés dans la rubrique hebdomadaire « ICI, on produit la vie ». Un fil conducteur demeure : sensibiliser le plus grand nombre à la nécessité, pour notre territoire, de pérenniser et renforcer les emplois de production.
Erro DR

La conviction première de la société Erro commence par un choix : fabriquer ici.

À Itxassou, les quatre maroquiniers de l’entreprise travaillent chaque pièce à partir de gestes hérités de la sellerie équestre. « Concrètement, nous fabriquons tout à Itxassou, dans notre atelier », explique Noémie Devoucoux. Et derrière cette volonté, il y a une véritable vision de l’entreprise : « Notre but est de faire le maximum ici. On voulait être très forts localement. »

Cette proximité n’est pas seulement une question d’image. Elle permet de conserver la maîtrise de la fabrication, mais aussi de faire vivre un savoir-faire. « L’homme est présent à chaque étape. Nous n’avons pas de robotisation. » Dans un monde où la production standardisée domine, Erro revendique au contraire le temps long, le geste et la possibilité de réparer ou de personnaliser.

Mais produire localement, c’est aussi faire travailler d’autres acteurs du territoire. Pour aménager sa boutique comme pour ses besoins quotidiens, Erro cherche autant que possible des partenaires basques. « On essaie toujours de faire travailler les entreprises locales quand c’est possible. »

L’enjeu dépasse donc largement la fabrication d’un sac.

Montrer l'envers du décor

Erro peut réparer vos sacs
Erro DR

Pour Noémie Devoucoux, il s’agit aussi de rappeler que le Pays basque ne peut pas être réduit à son activité touristique. « On entend souvent dire qu’il n’y a que ça ici, et c’est terrible. Bien sûr que le tourisme est important, mais il y a beaucoup d’autres secteurs d’activité qui créent de l’emploi. »

Cette volonté de montrer l’envers du décor passe notamment par l’ouverture de l’atelier aux visiteurs. « Cela permet de reconnecter les gens à la réalité du travail manuel, à l’humain derrière chaque pièce. » Une façon de redonner de la valeur à ce qui est fabriqué et à ceux qui le fabriquent.

Car la question de l’emploi est au cœur de cette aventure. Erro compte aujourd’hui quatre maroquiniers et deux responsables de boutique et envisage de poursuivre ses recrutements. Mais, là encore, les obstacles sont bien réels : concurrence des productions délocalisées, manque de locaux et difficultés de logement.

Pourtant, le message porté par Noémie Devoucoux reste résolument tourné vers l’avenir. « Les jeunes doivent savoir qu’ils n’ont pas besoin de partir pour trouver du travail. Ici aussi, il y a de l’avenir, et pas seulement dans un secteur. »

C’est finalement toute la « cause » défendue par Erro : démontrer que produire au Pays basque n’est ni un retour vers le passé ni une posture nostalgique. C’est une manière de créer de l’activité, de transmettre des compétences et de permettre à une nouvelle génération de construire son avenir sur le territoire.

Et lorsque les visiteurs franchissent les portes de l’atelier d’Itxassou, ils découvrent bien plus qu’une maroquinerie. Ils découvrent des femmes et des hommes qui ont fait le choix de fabriquer ici. Parce qu’un atelier qui produit, ce sont des emplois, des savoir-faire, des familles. Et, au bout du compte, un village et un pays qui continuent de vivre.

Erro DR

ICI, on produit la vie

Chaque mercredi, cette rubrique propose un rendez-vous inédit pour défendre les métiers de production. Des témoignages, des reportages, des interviews, des dossiers permettront de porter cette CAUSE majeure, pour la faire avancer.

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