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Le linge basque vise une indication géographique

Les entreprises de tissage Moutet et Lartigue ont déposé un nouveau dossier pour faire reconnaître le savoir-faire traditionnel du linge d’ici. L’enquête de l’INPI a déjà été lancée…
MOUTET 3
Outre cette reconnaissance, l’objectif de la démarche est d’empêcher la contrefaçon et les argumentaires commerciaux fallacieux au sujet de l’origine française des produits vendus dans la région en période estivale.

Après la porcelaine de Limoges, la pierre de Bourgogne, la tapisserie d’Aubusson ou encore la célèbre charentaise… de Charente, c’est notre bon vieux linge basque qui pourrait obtenir cette année une indication géographique. Cette IG permettrait de garantir la qualité et l’origine des produits, notamment via des contrôles réguliers portant sur le strict respect d’un cahier des charges. Les fabricants pourront alors apposer un logo à leurs étiquettes.

Lartigue

Après le dépôt d’un dossier à l’INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle) par les Tissages Moutet (Orthez) et les établissements Lartigue de Bidos et d’Ascain, l’enquête a été lancée par l’organisme et devrait s’achever fin juillet. Les deux entreprises, qui existent depuis plus d’un siècle et emploient un total d’une cinquantaine de salariés, sont maintenant engagées dans cette démarche depuis plusieurs années, après avoir relancé en 2016 l’activité du vieux « syndicat des tisseurs du linge basque d’origine ».

Pour la petite histoire, ce syndicat avait été constitué au milieu du siècle dernier. À l’époque, 11 fabricants locaux étaient en mesure de mettre en avant cette origine basco-béarnaise de leur linge. On rappelle que seules les associations professionnelles de ce type sont autorisées à déposer un dossier en vue d’obtenir cette IG.

Encourager une tradition et une fabrication locales…

[caption id="attachment_95112" align="alignright" width="276"] Moutet[/caption]

Nos deux entreprises souhaitent obtenir ce label pour faire reconnaître une lointaine tradition remontant au XIXe et associant culture du lin, tissage artisanal et forte notoriété du fameux linge basque à rayures (souvent au nombre de 7, une par province basque). Un linge à l’excellente réputation, mais un peu trop souvent contrefait au goût des dirigeants de Moutet et Lartigue.

Actuellement, n’importe qui peut mettre en avant une origine géographique française sur la seule base d’une étape de confection réalisée localement. Et l’on ne se prive apparemment pas, en particulier sur la côte, sur des marchés d’été très fréquentés.

On parle aujourd’hui de « linge basque » par commodité, mais on aura compris que ce savoir-faire ancestral tenait jadis beaucoup à la toile béarnaise, qui a certes acquis une nette « coloration » basque. L’appellation « linge basque » daterait des années 1920. En d’autres termes, on parle d’une belle tradition unissant deux terroirs de caractère. Autrefois, cette culture textile s’étendait même tout au long de la chaîne pyrénéenne, de Bayonne à Perpignan.

Cette fois-ci, la demande des deux entreprises (déjà labellisées EPV – entreprise du patrimoine vivant) pourrait bien aboutir. Les planètes semblent en tout cas parfaitement alignées, à la suite d’un confinement où l’on n’aura peut-être jamais autant entendu parler de circuits courts et de fabrication locale, et où Moutet et Lartigue se sont, au passage, distinguées en se lançant sans hésiter dans la production de masques.

On sait que ces dernières années, une demande pour les espadrilles de Mauléon avait aussi été déposée… et malheureusement refusée. Il serait temps que la roue tourne ! Notons qu’une enquête est aussi en cours en vue d’une labellisation de la pierre d’Arudy (clôture également prévue fin juillet).

Alors, une IG pour le linge basque ? Nous, on est à 200% pour !

Nos articles sur les Tissages Moutet (cliquez ici) et sur Lartigue 1910 (cliquez ici)

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