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Teréga investit dans la conversion d’hydrogène en méthane

Le 15 Jan. 2021

L’opérateur gazier a signé un partenariat avec Toulouse Tech Transfer pour développer la technologie « Méthamag » de méthanation par hyperthermie magnétique…

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Cette technologie est le fruit des longs travaux du LPCNO (Laboratoire de physique et chimie des nano-objets), qui réunit les compétences de l’Insa Toulouse, du CNRS et de l’université Paul Sabatier.


On vous parlait récemment de l’entrée de Teréga au capital de Chadasaygas, société auvergnate à laquelle on doit un procédé spécifique de méthanisation en voie sèche discontinue. Mais l’opérateur béarnais, engagé dans la transition énergétique, travaille aussi sur des projets associés au développement et/ou à l’industrialisation de procédés dits de méthanation.

On précise que cette dernière ne doit pas être confondue avec la méthanisation : la méthanation consiste en la conversion d’hydrogène en méthane par réaction avec monoxyde de carbone ou CO2. En d’autres termes, il s’agit pour Teréga d’essayer de produire un méthane de synthèse qui puisse être injecté dans ses réseaux.


Jupiter 1000

« En plus d’être renouvelable, ce nouveau gaz découle d’un mode de production qui permet de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. En effet, le procédé de méthanation par lequel il est conçu permet de valoriser le CO2 issu d’autres procédés, comme la méthanisation par exemple », expose Teréga.

Sur le sujet, l’entreprise a participé ou participe à une poignée de projets menés par des laboratoires, ainsi qu’à deux projets d’industrialisation grandeur nature. Elle a ainsi apporté sa contribution au démonstrateur de « power to gas » Jupiter 1000 (avec GRTgaz) et, dans le cadre d’un projet « CO2Meth », travaille à étudier les problématiques d’injection de méthane de synthèse dans le réseau de transport, ainsi que l’intégration du procédé de méthanation dans un système multi-énergies, ce qui pourrait plus tard conduire à la création du « plus gros démonstrateur européen de méthanation biologique » du côté de Lacq.


Un méthane vert pour la transition énergétique…

Avec le développement de la technologie « Méthamag », c’est encore un autre projet né en laboratoire qui pourrait se concrétiser sur le terrain avec le concours de Teréga. C’est visiblement le sens du partenariat exclusif récemment signé entre l’opérateur et Toulouse Tech Transfer (TTT), la société d’accélération du transfert de technologies (SATT) de la Ville rose.

Ce partenariat vise à développer « en co-maturation » cette nouvelle technologie, née au laboratoire de physique et chimie des nano-objets (LPCNO – INSA Toulouse, CNRS, Université Toulouse III – Paul Sabatier). Méthamag « est un nouveau procédé de méthanation basé sur l’utilisation de l’induction magnétique permettant de répondre aux enjeux de stockage des sources renouvelables d’énergie tout en affichant des rendements énergétiques bien supérieurs aux autres systèmes », explique l’entreprise.


Pour les connaisseurs, il s’agit de produire du méthane par « hyperthermie magnétique » (c’est-à-dire par échauffement de nanoparticules dans un champ magnétique alternatif). C’est l’une des spécialités du LPCNO, qui « travaille depuis une vingtaine d’années sur la synthèse de nanoparticules métalliques », avec des implications possibles dans la micro-électronique, la nano-médecine (traitement du cancer) et donc la chimie verte.

« Le principe est d’utiliser l’induction magnétique pour activer une réaction catalytique, ici la méthanation, ce qui permet d’une part de pouvoir démarrer quasi instantanément la réaction, et donc d’être adapté à l’intermittence, et d’autre part de ne chauffer que le catalyseur et donc d’être efficace sur le plan énergétique », résume Bruno Chaudret, chercheur du CNRS et directeur du LPCNO.


En bref, cette technologie prometteuse ouvre la voie à la création d’unités de méthanation qui pourront être alimentées par des productions électriques intermittentes, et donc des énergies renouvelables.

« Cette solution innovante est le fruit d’un travail collaboratif nourri par des motivations communes qui concrétise une nouvelle fois notre engagement en faveur des nouvelles énergies de demain », a déclaré Dominique Mockly, P-DG de Teréga, à l’occasion de la signature de ce partenariat.

Pour l’opérateur gazier, c’est donc encore un nouveau pas en avant dans la transition énergétique.


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