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Sur le Front - Les Français invités à épauler les agriculteurs

Le 24 Mar. 2020

La présidente de la FNSEA a lancé un appel à la main d’œuvre disponible : les exploitations auront besoin de 200.000 travailleurs saisonniers d’ici mai. Aidons-les…

« Desbraspourtonassiette » : tel est le nom de code de l’opération initiée par la FNSEA pour sauver les récoltes en cours et à venir. Étudiants, salariés en chômage partiel et indépendants sont invités à s’inscrire sur une plateforme dédiée lancée ce mardi.


Fraises, asperges, salades, radis, et bientôt tomates et cerises : le secteur agricole continue de travailler d’arrache-pied pour nourrir la population. Mais avec la fermeture des frontières, la menace plane sur les récoltes en cours et à venir, faute de pouvoir faire venir des travailleurs saisonniers du Maghreb ou des pays de l’est. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, a estimé le besoin en main d’œuvre à 45.000 personnes dès maintenant, puis 75.000 en avril et autant en mai, soit un total de 200.000 travailleurs sur 3 mois.


« Nous mettons en place toutes les conditions de sécurité pour les accueillir », a-t-elle précisé dans une intervention télévisée pour le moins énergique, ajoutant que ces renforts pourront cumuler cette activité rémunérée avec leur chômage partiel. La FNSEA réclame également qu’on puisse assouplir temporairement les mesures sur le temps de travail afin de pouvoir faire œuvrer les volontaires plus de 48 heures par semaine. De même, l’organisation suggère une défiscalisation des heures supplémentaires.


« Mobilisons-nous pour sécuriser nos assiettes »…

Pour avancer concrètement sur cette question, une plateforme a été mise en place en partenariat avec Pôle Emploi, l’ANEFA (Association Nationale Emploi Formation en Agriculture, qui sur son site propose une carte interactive en ligne des besoins dans l’Hexagone) et l’écosystème WiziFarm, qui proposait déjà une solution numérique de ce type à destination des agriculteurs et viticulteurs.

Cette nouvelle plateforme nationale, lancée ce mardi, s’adresse à tous ceux qui souhaiteraient proposer leurs services, mais aussi aux agriculteurs, qui pourront y publier les missions disponibles sur leur exploitation. Dès maintenant, les besoins sont très importants dans les départements d’Occitanie, de la Garonne ou encore la Dordogne. Apparemment, cette plateforme « Desbraspourtonassiette » enregistre d’ores et déjà un nombre très important d’appels à l’aide d’agriculteurs et de propositions de citoyens.


Comme l’a bien précisé Christiane Lambert, « nous n’allons pas manger des pâtes pendant deux mois ». Si ce confinement dure, c’est dès maintenant qu’il faut se retrousser les manches. Amateurs de joggings prolongés et volontaires motivés, voilà un moyen idéal de vous entretenir physiquement en arrondissant utilement vos fins de mois…

Et si ce coronavirus, en plus de nous rappeler ce qui doit relever de l’essentiel et du superflu, nous rapprochait un peu de notre bonne vieille terre qui, c’est bien connu, ne ment jamais ?

Plus d’informations sur le site internet – cliquez ici

 

6 commentaires au sujet de cet article

  1. Travailler dans une ferme, ce n’est pas être en colonie de vacances. Il faut un personnel expérimenté et motivé. Ne prenons pas le risque de dé-confiner des gens en besoin de grand air et d’espace pour les entasser dans des fourgonettes et dans les réfectoires pour employés saisonniers.
    Certes, il n’y a plus assez d’agriculteurs, cette crise va nous faire réfléchir pour l’avenir à des modes de vies meilleurs mais la proposition de Madame Lambert n’est pas sérieuse d’un point de vue sanitaire.

  2. Au delà du volet sanitaire qui interpelle dans ce cadre de cette démarche, je m’autorise une réflexion sur l’aspect social et économique : la pénurie de main d’œuvre résulte de la fermeture des frontières, et donc de l’impossibilité pour les travailleurs étrangers de rentrer en France…
    N’y a-t-il pas opportunité à mobiliser les étrangers en situation d’accueil, pour ne pas dire d’attente, déjà présents sur le territoire français ? Ces personnes ont migré pour des raisons louables certes, mais elles sont prises en charge par la communauté et parallèlement les autorités suggèrent à ceux dont le travail ne peut actuellement s’exercer dans les conditions habituelles de venir remplacer ceux qui ne peuvent pénétrer le territoire…
    Il ne faut pas que ces quelques lignes soient mal interprétées, mais il y a matière à s’interroger.

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