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COUP DE COEURPour Aqualande, l’humilité est la clé de la RSE

Rencontre avec Stéphane Dargelas qui préside ce groupe landais devenu la référence européenne dans la filière de la truite.
Facade des locaux Aqualande
Cette pépite de l’aquaculture, basée à Roquefort, vient de recevoir le « grand prix » du jury des Trophées RSE/RSO en Nouvelle-Aquitaine. Rien d’étonnant quand on sait à quel point, depuis des années, l’entreprise trace son sillon pour être toujours davantage inspirée par sa responsabilité sociétale (RSE).

« Pour nous, c’est une évidence. La RSE est forcément au cœur de notre filière de l’agroalimentaire et du vivant. C’est une philosophie qui s’impose d’elle-même quand on vit totalement au rythme de la vie du poisson, avec un cycle long de 2 ans pour la truite, et dans un milieu naturel et sauvage » précise Stéphane Dargelas.

« Nous sommes forcément et naturellement très sensibles à cette notion de responsabilité, avec le souci d’apporter de la valeur par rapport à ce que l’on prend sur le territoire ».

Il y a les Hommes, la Terre et le Temps.

Aqualande a commencé à matérialiser sa politique de RSE, il y a une douzaine d’années. Depuis, le groupe a mis en place des outils pour mieux analyser et agir. « Nous sommes toujours en recherche d’innovation pour faire mieux chaque année, chaque jour. L’humilité est la clé de la RSE. Il faut toujours vouloir faire mieux, se challenger, se remettre en question. Les équipes sont dans un mouvement perpétuel et fort. Il faut être fier de ce qu’on fait, mais aussi être conscient qu’il reste beaucoup de choses à mettre en place et des chemins multiples pour y arriver. Le facteur temps est essentiel ».

Pour le président du Groupe, « la compatibilité entre la RSE et l’économie se fait sur le long terme. C’est un marathon à rythme soutenu, qui ne peut que s’inscrire dans la durée. Il faut souligner que nous avons l’avantage de pouvoir nous appuyer sur un milieu coopératif à taille humaine, avec de fortes valeurs d’entraide et d’humilité. Cette situation capitalistique est un « plus ». Nous ne sommes pas dans la communication. On agit pour que l’entreprise soit pérenne. On vise la performance dans la durée. Comme pour un bon armagnac, il y a les Hommes, la Terre et le Temps ».

LLe site de Bruges

La belle saga de ce quarantenaire…

Groupe Aqualande emploie aujourd’hui 1.150 personnes, dont 850 travaillent sur l’activité truite française. Il faut savoir que près de 3 truites fumées sur 4 en France sont traitées par le groupe landais, qui a aussi développé une filière marine.

L’entreprise est partie de rien, en mai 1981, à l’initiative de huit copains. Alors nommée Société Coopérative Agricole des Aquaculteurs landais, elle a installé sa première unité de conditionnement de truites fraîches à Roquefort, puis a lancé son premier centre de reproduction à Pissos, dans les Landes, avant de créer sa marque de truite fumée, Landvika, et d’adopter le nom Aqualande en 1990.

D’autres marques vont suivre, telles Ovive, d’autres extensions intervenir, comme celle de la première ferme de bars, Extramer, à Salses, dans les Pyrénées-Orientales, une première unité de fumaison des grandes truites (à Roquefort), le rachat des écloseries de daurades royales « Ferme marine du Douhet » sur Oléron et de bars à Sète aux « Poissons du Soleil ». N’oublions pas la reprise de cinq piscicultures de truites dans les Landes et en Charente, au groupe Norway Seafood.

Autres étapes importantes : l’agrandissement de l’usine de truite fumée de Sarbazan en 2018 ; l’acquisition de l’entreprise familiale Piszolla, leader de l’élevage de truites arc-en-ciel en Espagne, partageant les mêmes valeurs liées à une aquaculture durable et responsable.

Nous travaillons aussi sur l’amélioration du sanitaire et du bien-être animal.

En plus de sa réputation internationale au niveau de la sélection des espèces aquacoles, en eaux douces ou marines, Aqualande s’est imposé comme le leader de l’élevage de truites en Europe. Mais le groupe a une autre corde à son arc, avec la production des œufs de truites embryonnés en France.

Dans la région, le groupe coopératif fédère une quarantaine de piscicultures, dont deux proposent une exploitation biologique. Aqualande les accompagne pour améliorer sans cesse la qualité, mais aussi pour anticiper l’adaptation des élevages au réchauffement climatique.

« Nous travaillons aussi sur l’amélioration du sanitaire et du bien-être animal. Nous venons d’investir 3 millions d’euros dans une ligne d’abattage allant dans ce sens » insiste Stéphane Dargelas. « La dimension humaine est essentielle dans notre groupe coopératif. Elle l’est d’autant plus que nous devons accompagner et former nos collaborateurs qui sont souvent dans des zones éloignées, et nous devons leur proposer des évolutions de carrière. Nous avons un rôle important à assurer pour maintenir l’activité sur les territoires ».

Le président d’Aqualande se réjouit particulièrement du bon fonctionnement de l’atelier de transformation de Sarbazan : « Des collaborateurs de 32 nationalités différentes y travaillent parfaitement ensemble. Chacun s’enrichit de la culture des autres. C’est une fierté d’y arriver ».

Malgré les difficultés conjoncturelles, avec la flambée des prix de l’énergie et des aliments, avec la crise de la consommation, Aqualande garde toutes ses ambitions en restant toujours dans une stratégie solide à long terme.

Informations sur le site internet d’Aqualande

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