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CHANGER DE VIE David Crops change son identité musicale et devient Moraze

Ce natif de Saint-Jean-de-Luz a, pendant une vingtaine d'années, fait danser les plus beaux clubs d'Europe. À 40 ans, il souhaite se challenger et s'ouvrir à un nouveau public.
David Crops derrière les platines dans un bar.
Même s'il a réussi à vivre de son art, à collaborer avec de grands noms de la musique, et à voyager partout en Europe, ce musicien accompli a encore des rêves plein la tête...

Si vous êtes un habitué du Nassau Beach Club d'Ibiza, ou plus proche de nous, du Carré Coast de Biarritz, le nom de David Crops ne vous est pas étranger. Bien au contraire même, car ce DJ originaire de Saint-Jean-de-Luz a été pendant 20 ans le fer de lance de ces deux boîtes connues et reconnues sur leurs territoires respectifs.

J’ai perdu ce qui m’avait fait vibrer quand j’ai commencé, et j’ai envie de le retrouver…

Après une première carrière riche dans la House, un style de musique électro adapté aux clubs branchés et glamours, cet amoureux de musique et de challenge a décidé de réorienter son univers musical autour de la Melodic Techno, un style bien plus underground. « Il fallait que je change de nom, car la Melodic Techno est une scène intransigeante et je savais qu'avec mon nom actuel, les gens n'allaient même pas prendre la peine d'écouter ».

Un changement d'univers nécessaire pour celui qui souhaite en profiter pour se recentrer sur ce qui lui plaît dans son métier. « J'ai perdu ce qui m'avait fait vibrer quand j'ai commencé, et j'ai envie de le retrouver. Je prône ce qu'on appelle le « hangar », c'est-à-dire un lieu où chacun est libre de venir et de s'amuser, peu importe sa classe sociale, son style, etc. Avec mon univers de David Crops, j'étais constamment aux côtés de gens qui avaient leur table dans un carré VIP et qui pouvaient aligner 10 000 euros. Ça m'a vite agacé...».

Je rêve du club Printworks à Londres, du festival Awakennings à Amsterdam, ou encore du Festival Burning Man.

Cette nouvelle aventure est aussi une façon pour Moraze de sortir de sa zone de confort, et de se challenger. « Je vais aussi développer les versions live. Pendant très longtemps, j'arrivais avec une clé USB prête, et j'avais juste à ajouter quelques effets pour faire danser les gens. Là, j'arrive sur scène avec des machines, et je joue tout devant eux, rien n'est enregistré. C'est aussi ce que j'aime, il n'y a jamais deux soirées identiques ».

Grâce à ce nouvel univers underground, Moraze vise des scènes qu'il ne pouvait pas atteindre lorsqu'il jouait sous le nom de David Crops. « Je rêve du club Printworks à Londres, du festival Awakenings à Amsterdam, ou encore du Festival Burning Man. Je n'exclue pas de développer mes sets non plus, avec des véritables musiciens, des jeux de lumière, d'images, etc. ».

Une aventure unique...

La belle histoire de David commence par hasard, alors qu'il n'a encore que 16 ans. « Je rêvais de devenir militaire. Puis un jour, avec des amis nous sommes sortis en boîte, et j'ai été attrapé par la musique. J'ai trouvé ça incroyable, c'est devenu une priorité », commence celui qui n'était pourtant pas étranger à cet univers, ses parents l'ayant inscrit au conservatoire pendant quelque temps. « À l'époque, c'était une corvée, mais ça s'avère utile aujourd'hui ! ».

Ni une, ni deux, David décide de revendre tout ce qu'il avait pour racheter les platines du DJ qui lui avait donné le déclic. « De très bons amis à moi ont monté un label pour que je puisse produire mon premier vinyle. Avec, je suis parti faire le tour des clubs en Espagne. C'était assez difficile étant donné que je ne parlais pas bien espagnol, mais le fait de voir un jeune avec un vinyl, motivé comme je l'étais, ça a intrigué », confie-t-il.

On transmet bien plus que de la musique.

De nombreuses rencontres, des coups de pouces qu'il estime « chanceux », et du travail acharné auront ensuite mené ce basque à Ibiza, au Lab, une immense boîte de nuit de Madrid, mais aussi en Allemagne, en Italie, en Autriche, et bien évidemment en France.

En parallèle, sous les conseils de ses parents, il réalise une formation d'ingénieur du son. « J'ai rencontré Roby, qui est devenu un ami par la suite, mais qui est malheureusement décédé depuis. Il avait un studio, et il m'a permis de travailler pendant cette période. Ce fut d'une grande aide ». Cette casquette d'ingé-son lui aura d'ailleurs permis de travailler avec des artistes comme Bob Sinclar, Skalp, et Chambord.

« Je me suis toujours fais plaisir, et je veux continuer. C'est d'ailleurs pour ça que je change d'identité. On transmet bien plus que de la musique. On transmet des regards, des émotions, et si on ne prend pas de plaisir, les gens le voient et n'en prennent pas non plus. Avec ce constat entre les mains, j'aimerais bien pouvoir faire vivre Moraze une dizaine d'années au moins, et finir de réaliser mes rêves », conclut David.

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