Le rapprochement était logique tant les deux établissements travaillaient ensemble depuis plusieurs années. « Il y avait déjà une répartition de l'activité pour que les deux polycliniques puissent être complémentaires. Mais c'était parfois compliqué pour les patients, et en interne cela amenait un travail notamment administratif inutilement compliqué » précisait alors le groupe.
Hervé Letourneux, chirurgien vice-président de la Communauté médicale, se déclarait « très content de cette dynamique positive. Depuis plusieurs années, le GBNA Polycliniques investit massivement dans nos établissements, notamment pour remettre les équipements à neufs et en effectuer la maintenance. Cela nous permet de proposer une offre de qualité, et d'atteindre un équilibre économique ».
« De 12.000 passages par an à Marzet, nous imaginons une augmentation qui avoisinerait les 20.000. Ce qui restera dans nos cordes puisque le service a été pensé pour accueillir jusqu'à 25.000 personnes par an », développait Pierre Bascelli, directeur délégué des polycliniques de Navarre et Marzet.
« Il y a des besoins croissants sur le territoire, et il faut trouver de nouveaux systèmes pour y répondre. Dans un sens, nous devons réinventer le système hospitalier car la santé des gens, qui reste notre mission première, en a grandement besoin. Grâce à la création de la Polyclinique Pau Pyrénées, nous participons à cette démarche », ajputait le directeur.
Aujourd’hui, non seulement les ambitions ont été revues à la baisse mais il est envisagé la fermeture de plusieurs activités essentielles (maternité, oncologie, soins médicaux et de réadaptation…) ainsi que la réduction du service des urgences. De quoi provoquer un choc au niveau du personnel de la polyclinique, des professionnels de santé et des patients. Il faut dire que les difficultés rencontrées au niveau de ces deux établissements risquent de peser lourdement sur l’offre de soin en Béarn. En effet, ils offrent pas moins de 370 places et lits.
Ce 10 mai, 80 professionnels de santé, dont 71 médecins et chirurgiens, ont alerté sur la volonté de GBNA Santé de fermer la clinique Marzet, la maternité de Navarre et de transformer les urgences en une simple antenne.
« Nous déplorons la nécessité de fermer la maternité, avec les conséquences pour les médecins qui s’y sont investis et surtout pour le personnel ». Au total, 160 emplois sur 540 seraient menacés.
Plusieurs propositions sont avancées par ces professionnels pour pérenniser le projet médical palois, notamment une meilleure organisation de la prise en charge des patients. Ils évoquent aussi le maintien d’une douzaine de lits dans l’unité de soins intensifs polyvalents. Concernant les urgences, ils préconisent de garder les urgences ouvertes de 8 heures à minuit (au lieu de 20 heures).
Au-delà des débats engagés autour de la stratégie et de la gestion de la Polyclinique Pau-Pyrénées, il faut aussi s’interroger plus largement sur la dégradation du secteur de la Santé en France.
La troisième édition du Baromètre de la Fédération hospitalière de France sur l’accès aux soins, en mars dernier révélait une dégradation inédite de la situation. « La crise de l’accès aux soins se traduit concrètement : près de 3 Français sur 4 disent avoir déjà renoncé à un soin ces cinq dernières années ». En un an, la hausse est de 10 points, ce qui représente près de 7 millions de personnes supplémentaires.
« Dans plus de la moitié des cas, ce renoncement s’explique par l’allongement des délais d’attente. Quelques exemples très concrets : près de 2 semaines pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste (contre 4 jours en 2019) ; 4 mois pour un dermatologue (contre 2 mois en 2019) ; 3 mois pour un cardiologue (contre 1 mois et demi en 2019). Enfin, la question financière reste un facteur important : 40% des Français qui renoncent aux soins le font pour des raisons financières ».
Sans commentaires.
Informations sur la Polyclinique Pau-Pyrénées






Réagissez à cet article
Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire