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COUP DE COEURZoomalia pousse les murs à Saint-Geours

C’est sans doute l’entreprise landaise qui a connu la croissance la plus rapide ces dernières années. L’animalerie en ligne est en train de s’étendre et crée un large réseau de magasins
Vitrine d'un magasin Zoomalia.
À l’étroit du côté de son siège et entrepôt central de Saint-Geours-de-Maremne, Zoomalia y double actuellement sa capacité de stockage. Son tout nouveau bâtiment de 9.000 m2 lui a été livré ce 11 juillet. En parallèle, l’entreprise poursuit sa stratégie d’ouverture de boutiques.

L’histoire de Pierre-Adrien Thollet n’est pas banale. Lorsqu’il crée Zoomalia, en 2009, l’entrepreneur, titulaire d’un DUT et d’une licence pro, n’a que 23 ans. Sa vie de salarié n’a duré qu’un an et demi, avec notamment une expérience chez un éditeur de logiciels destinés aux e-commerçants (Solusquare). « Je n’étais pas vraiment un "salarié modèleʺ, et j’ai compris que si je ne me jugeais pas fait pour l’être, il fallait que j’agisse et que je lance ma propre activité », explique-t-il. À l’époque, il conçoit un outil informatique de gestion de marketplace. Le jeune homme avait du nez, puisque le même genre d’idée a conduit à la naissance de la pépite Mirakl, l’une des licornes françaises les mieux valorisées de la décennie écoulée.

Pierre-Adrien Thollet

Finalement, Pierre-Adrien Thollet s’est orienté vers la création de plateformes de vente en ligne : « J’avais aussi monté une plateforme de vente d’articles pour la montagne, Montalia. J’ai d’abord pensé à multiplier ce type de plateforme dans différents domaines de niche, avant d’essayer d’en alimenter une plus sérieusement avec des produits de fournisseurs. Cela a été Zoomalia, qui a tout de suite marché très fort », raconte le dirigeant qui, 13 ans plus tard, est à la tête d’une société de 65 millions d’euros de chiffre d’affaires (2021), et qui vise les 80 pour cette année, soit le double d’il y a trois ans… La covid n’a pas même entamé ce rythme de croisière impressionnant. Tout au contraire, les Français ont plébiscité Zoomalia pendant les périodes de confinement, pour l’achat d’aliments mais aussi d’accessoires pour leurs animaux de compagnie.

Nous avons ouvert 23 boutiques en 10 mois. L’objectif est d’arriver à 40 magasins en fin d’année 

Après cette phase d’euphorie, ce début d’année 2022 a été plus calme, quoique les ventes de Zoomalia sur internet aient continué de progresser (dans un contexte de recul global de l’e-commerce). Mais l’entreprise a désormais un second cheval de bataille. Déjà nantie de boutiques « expérimentales » à Pau (2016) et Saint-Vincent-de-Tyrosse (2018), Zoomalia développe depuis quelques temps un plus vaste réseau de magasins. « Nous avons ouvert 23 boutiques en 10 mois. L’objectif est d’arriver à 40 magasins en fin d’année et, idéalement, à une centaine d’ici trois ans », précise Pierre-Adrien Thollet. Alors que ces dernières années, on a surtout vu des acteurs du commerce traditionnel faire le chemin inverse et se mettre au web, l’entrepreneur n’a pas d’a priori… et quelques arguments : « Aujourd’hui, il ne faut pas oublier que 80% du commerce se fait encore via les magasins, qui sont aussi un moyen de faire parler de la marque et de créer davantage de proximité avec nos clients ». Le rachat de Nutrition Pet Market, en fin d’année dernière, a fait gagner 4 boutiques à Zoomalia (sur Pau, Marmande, Agen et Tarbes). Les magasins ont déjà bien essaimé dans le Sud-Ouest et l’entreprise peut désormais viser un maillage à l’échelle nationale.

Pour Zoomalia, l’autre gros chantier de l’année, c’est la livraison récente d’une extension de 9.000 m2 d’entrepôt (en trois cellules de 3.000) à Saint-Geours-de-Maremne, où la société a son siège et compte donc quelque 18.000 m2 de surface de stockage. L’extension est également plus adaptée à l’expédition de palettes vers les magasins Zoomalia, avec des quais dimensionnés dans ce but. Elle a été livrée ce lundi 11 juillet. Elle sera ensuite équipée, notamment du même genre de système de convoyage modulaire déjà exploité à Saint-Geours par l’entreprise. Le bâtiment devrait entrer en fonctionnement à la rentrée et monter en cadence jusqu’en fin d’année.

Cette progression rapide de la société a naturellement nécessité de nombreux recrutements : « Depuis l’an dernier, nous avons embauché une centaine de personnes. Nous étions 180 à fin 2021 et sommes désormais 260 ». Autant dire que si le stock commençait à se sentir à l’étroit, il a aussi fallu trouver des solutions pour les salariés. Des bureaux en préfabriqué ont été déployés près du siège, d’autres ont ouvert à Bayonne. Un projet d’écocampus est en gestation, avec au menu de nouveaux bureaux en dur (associés à un restaurant et peut-être une salle de sport), une école pour dispenser des formations qualifiantes ainsi qu’un bâtiment qui pourrait héberger un cabinet vétérinaire et un petit showroom. Selon Pierre-Adrien Thollet, cet écosystème pourrait voir le jour « d’ici 4 à 6 ans », voire avant si le contexte économique s’améliore plus vite que prévu.

Si c’était à refaire, je le referais sans doute… 

C’est donc une bonne nouvelle pour l’entreprise, qui fait dorénavant partie des recruteurs les plus dynamiques des pays de l’Adour : elle parvient à mener de front tous ces projets dans ce contexte incertain, marqué par l’inflation. « Si l’on suit l’Insee, l’inflation devrait atteindre 5,5% sur l’année. Mais si on écoute nos fournisseurs, ils parlent plutôt de 10 à 20%. Il y a un phénomène de report d’achat sur la partie accessoires. Les clients, par exemple, ont tendance à attendre un peu avant d’acheter un arbre à chat. Les élections et la guerre en Ukraine ont sans doute aussi joué sur la consommation en cette première moitié d’année. La crise ukrainienne joue de même sur les prix de l’énergie et de l’alimentation animale, qui nous touchent par ricochet. Enfin, cette situation nécessite d’augmenter les salaires, avec d’importants effets sur la masse salariale, autour de 150.000 euros de plus à débourser par an », analyse l’entrepreneur.

Le dirigeant espère un retour à une situation plus tranquille d’ici 2024. Pas de tout repos, la vie de chef d’entreprise ! « Si c’était à refaire, je le referais sans doute, mais dans les mêmes conditions qu’à l’époque, c’est-à-dire sans avoir conscience de la grande quantité d’efforts à fournir », conclut Pierre-Adrien Thollet. Fort heureusement, ce qui est fait n’est plus à faire, et c’est tant mieux pour l’économie locale…

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