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Les vins de Tursan en route vers le bio

Le 06 Déc. 2019

Engagée dans des démarches bio et RSE, la cave coopérative de Geaune, avance à petits pas en essayant de résoudre une équation viticole complexe…

En septembre dernier, une vingtaine de viticulteurs a vendangé à la main 5 hectares de vignes en conversion du côté de Clèdes, sur une exploitation appelée à faire la démonstration des bienfaits d’une viticulture bio en terre landaise.


Décédé à l’automne dernier, le viticulteur Pascal Berson s’était lancé dans la conversion de 8 hectares de vignes en bio. L’histoire retiendra qu’il aura été l’un des pionniers du vin bio landais, et que ses efforts n’auront pas été vains. La coopérative des vins de Tursan, à Geaune, pourra s’appuyer sur son exemple pour aider sa centaine d’adhérents à se lancer dans la démarche. Elle a d’ailleurs repris en fermage son exploitation de Clèdes, qui devrait faire office de vignoble-témoin des changements de pratiques en cours. Là, une vingtaine de vignerons de la cave ont vendangé à la main fin septembre, geste aussi émouvant et solidaire qu’utile pour se mettre dans le bain d’une exploitation en 3ème année de conversion, qui s’étendra à terme sur 10 hectares visant un label AB.

On précise au passage que sur les 500 hectares de vignes en Tursan exploitées par les adhérents de la coopérative, une centaine devraient connaître dans les années qui viennent un changement de propriétaire. C’était déjà pour cela qu’une SCEA avait été créée il y a 10 ans : afin d’exploiter les vignes sans successeurs immédiats et faciliter des transitions souvent délicates.


6.000 bouteilles en conversion bientôt en vente…

Pour en revenir aux problématiques de l’environnement et du bio, équations non moins délicates en viticulture, on savait que la cave des vignerons landais y était plutôt sensible. Sa commission technique, composée d’une douzaine de viticulteurs, a notamment établi une liste d’un engagement obligatoire (la non-utilisation de matières actives) et de 7 engagements optionnels (utilisation d’engrais organo-minéraux, enherbement des vignes, réduction des doses de traitement, implantation de haies autour des parcelles, épamprage manuel ou mécanique, entretien du sol exclusivement mécanique et traitement sans produits classés cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction). Des exigences couplées à celles de l’exploitation en AOP Tursan ou en IGP Landes, qui représentent 30.000 hectolitres produits, pour un revenu de 6,5 millions d’euros.


Au chapitre du bio proprement dit, le casse-tête n’est pas entièrement résolu. Il est d’abord environnemental, puisque l’élimination des produits phytosanitaires ou de synthèse implique d’abord l’usage de cuivre et de soufre naturels, amenés à ruisseler dans les sols avec les eaux de pluie. Il s’agit dès lors de limiter au maximum le nombre de traitements (a priori une vingtaine par an). Par ailleurs, l’enherbement des vignes pose le problème des émissions liées à un binage mécanique 5 fois plus fréquent (10 fois par an). Autrement dit, le respect de certaines exigences détériore le bilan carbone et le paramètre économique, créant une forte augmentation des coûts de main d’œuvre, au même titre que la nécessité d’une présence accrue sur les parcelles.


Dans le même temps, il s’agit aussi de rester dans des tranches de prix compatibles avec les exigences du consommateur et de la grande distribution. Enfin, se pose aussi la question de la rémunération des viticulteurs. On le voit : l’affaire est complexe et nécessite réflexions et engagement, qui ne font heureusement pas défaut en Tursan, où la cave et ses adhérents sentent bien qu’en cette matière, il vaut de toute façon mieux prévenir maintenant que guérir plus tard.

Pour l’heure, la cave présidée par Pascal Chalandré annonce qu’autour de 6.000 bouteilles en 3ème année de conversion devraient être prochainement commercialisées. Le circuit court sera privilégié, avec autour de 80% de ventes réalisées dans un rayon de 100 km. On précise que la cave, aussi engagée dans une démarche sociétale (déjà reconnue par une norme Afnor AFAQ 26.000), emploie 27 collaborateurs permanents et 4 équivalents temps plein saisonniers.

Plus d’informations sur le site internet – cliquez ici

 

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