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La pierre d’Arudy veut son Indication géographique

L’Institut national de la propriété industrielle a ouvert une enquête publique afin de statuer sur la candidature des professionnels de la vallée d’Ossau…
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Le siège de Liffol, le granit de Bretagne, la porcelaine de Limoges, la charentaise de Charente-Périgord possèdent une Indication Géographique (IG)… et bientôt, peut-être, la pierre d’Arudy !

Famille Laplace

Cette roche calcaire possède quasiment les mêmes qualités que le marbre : solide, massive, de différents tons de gris et rare. Elle est en effet présente uniquement dans certaines carrières de la région, où les monticules de boue créent la formation de cristaux très fins, caractéristiques de la pierre.

Très prisée en France et à l’étranger, la pierre d’Arudy est utilisée dans la voirie, dans le bâtiment, mais aussi en sculpture. Elle provient d’un gisement de la vallée d’Ossau, qui a conduit au développement de savoir-faire spécifiques depuis des temps immémoriaux pour créer un produit de qualité.

Harmoniser les savoir-faire et fédérer les acteurs…

Sous l’égide de l’UNICEM Aquitaine, « les professionnels de la filière (exploitants de carrières, tailleurs, scieurs…) se sont fédérés au sein de l’association Pierres naturelles Nouvelle-Aquitaine pour promouvoir les ressources minérales régionales », explique Frédéric Dudilot, secrétaire général.

Le territoire d’Arudy étant le plus engagé, une section « Pierre d’Arudy » a été créée en avril 2017 pour engager les travaux de préparation du dossier IG. « Pour en faire la demande, les entreprises et les différents acteurs du territoire ont créé un cahier des charges, soumis à l’homologation de l’INPI », précise Frédéric Dudilot. Celui-ci harmonise les savoir-faire et le travail de la pierre des Pyrénées.

ette demande d’Indication géographique inclut les communes d’Arudy, Bescat et Louvie-Juzon pour les opérations d’extraction ainsi que les départements des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées, ainsi que 196 communes des Landes pour les opérations de transformation (façonnage, surfaçage et finitions) de la Pierre d’Arudy.

Huit entreprises, PME et artisans de ce secteur travaillent sur le bassin des Pyrénées : la Marbrerie Darget à Oloron, la Marbrerie Dubourdieu JF et Fils à Mauléon, la Marbrerie Moncayola à Arudy, les Carrières Laplace à Arudy, la Société industrielle du Neez à Gan, l’Atelier pyrénéen de taille de pierre à Laruns, la SARL Bouenou à Estigarde (Landes) et l’entreprise Larralde à Espelette.

Une reconnaissance et une protection…

L’IG apparaît indispensable « pour encourager le développement de la production locale, protéger les produits locaux contre les tromperies et la concurrence déloyale et favoriser l’exportation », souligne le secrétaire général d’UNICEM Pyrénées-Atlantiques. La production de pierres naturelles de construction est en effet un marché très concurrentiel dans lequel l’Inde et la Chine, occupent une place importante (près d’un tiers des importations françaises) et à la deuxième place se trouvent les pays du Sud de l’Europe.

Depuis 2000, la production locale a fortement diminué en raison des importations à prix très bas générant ainsi un déficit commercial important. En France, les principales régions productrices sont la Bretagne, la Bourgogne et le Tarn, et dans une moindre mesure l’Aquitaine avec la Dordogne comme département phare, puis les Pyrénées-Atlantiques.

« La mise en œuvre d’une IG permettra, de revendiquer légitimement l’origine locale des produits, de la même manière que pour les produits agricoles et agro-alimentaires locaux mais également de protéger les gisements de production à travers la reconnaissance d’une aire géographique spécifique et délimitée », conclut Frédéric Dudilot.

L’association Pierres naturelles de Nouvelle-Aquitaine connaîtra le verdict le 15 janvier.

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