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1500 COUPS DE POUCEUne ouverture prometteuse pour la forêt landaise

Depuis Biscarrosse, BioGemme® s’est donné les moyens de relancer la récolte et l’exploitation de la résine des pins maritimes, en privilégiant qualité et circuit court.
1500 COUPS DE POUCE – Une ouverture prometteuse pour la forêt landaise
Ce département du groupe Holiste est très ambitieux. Cela, grâce à la mise au point d’un procédé et de matériels permettant de redéployer une filière landaise disparue dans les années 1960. Rencontre avec Luc Leneveu.

Lors de la campagne 1919-1920, le gemmage avait battu tous les records avec une production de 178 millions de litres. Cette activité a ensuite décliné jusqu’à disparaître en raison d’une perte de rentabilité : le coût de la production en France ne permettant pas de résister à la concurrence venue de pays comme l’Espagne, le Portugal, la Chine et le Brésil. Mais, pas seulement…

A l’époque, il était utilisé un activant chimique dangereux, pour retarder la cicatrisation des arbres et augmenter le rendement de la résine : l’acide sulfurique, avec des conséquences graves sur l’environnement et, surtout, sur la santé des résiniers.

L’enjeu de la relance de cette filière est d’importance et multiple. D’abord, parce que l’exploitation de la résine dans les Landes permet à nouveau d’assurer une présence humaine dans la forêt. Ce qui ne peut que favoriser son entretien, la surveillance de son état sanitaire et la réduction des risques d’incendies. Deuxième enjeu, la dimension sociale dans ces zones rurales ; il faut savoir que dans les années 1970, le gemmage générait quelque 18.000 emplois.

Enfin, le troisième défi est d’améliorer la rentabilité de la forêt avec une nouvelle activité, mais aussi de relocaliser une partie de la production de térébenthine et de colophane, largement utilisées dans plusieurs secteurs industriels.

Un positionnement haut de gamme…

Clairement, BioGemme a pris le parti de la qualité, du respect de l’environnement, de la traçabilité et des circuits courts, avec un process éco-certifié. D’abord pour assurer la production de la matière première dont le groupe Holiste a besoin pour son produit phare, le « Bol d’air », à hauteur d’environ 15 tonnes par an.

Ensuite, pour attaquer de nouveaux marchés. « Nous avons choisi de nous démarquer d’une concurrence étrangère à bas prix, pour proposer des productions haut de gamme » précise Luc Leneveu, responsable du département BioGemme.

La distillation de la résine permet donc d’extraire l’huile essentielle de térébenthine, mais aussi majoritairement (70%) la colophane. Si les deux premières permettent donc de fournir prioritairement, la seconde vise l’ouverture de nouveaux marchés. « Ce sont pour le moment des niches, mais avec un vrai potentiel de développement. Que ce soit pour la fabrication de cosmétiques non allergisants, dans des domaines comme le sport et la danse (adhérence) ou même pour les instruments de musique (archets, vernis pour les luthiers…) » se réjouit Jessica Brangé, responsable de la communication.

La belle aventure Holiste…

La société, basée à Marcigny en Bourgogne, a été créée il y a 35 ans, par Marie-Laure Delanef. « Holiste s’est donnée pour mission de créer un environnement fécond et innovant, pour mettre en valeur une approche holistique et écologique de la vie dans les domaines de la santé végétale, animale et humaine ».

Holiste s’est inspirée des travaux de René Jacquier, un inventeur visionnaire, qui a mis au point « une méthode d’oxygénation, sans oxygène ajouté, à partir de molécules issues de la résine de pin, transformés en porteurs d’oxygène. Une solution d’avenir pour vivre et respirer au temps des pollutions ».

Ainsi, le Bol d’air Jacquier est devenu une référence en proposant une méthode naturelle pour améliorer l’oxygénation des cellules grâce aux propriétés de la térébenthine, l’huile essentielle de résine du pin maritime des Landes.

Pour bénéficier d’une matière première de qualité, sécurisée et écocertifiée, Holiste a donc créé le département BioGemme, en 2010, avec une implantation à Biscarrosse. « Nous avons conduit un programme de recherches scientifiques et techniques sur le gemmage, en lien avec des laboratoires et universités, appuyés par des essais et observations minutieuses sur le terrain pour aboutir en 2018 à une méthode de récolte de la résine à la fois respectueuse du gemmeur, de l’arbre et de l’environnement ».

Une filière landaise, porteuse d’avenir…

Relancer l’activité de gemmage et créer une filière dans les Landes était un énorme défi se rappelle Luc Leneveu qui l’a relevé en 2010, fort d’une expérience variée dans l’industrie, puis dans les enseignes publicitaires, la fabrication de décors de cinéma et la mécanique générale. « Des tests de faisabilité ont été réalisés avec de nouveaux procédés pour la récolte de la résine, avec un activant respectueux de l’environnement, des poches et des raccords facilitant la collecte. Nous avons créé le process de A à Z pour garantir une qualité optimum et faciliter le travail dans la forêt ».

Les travaux de recherche ont été menés par Holiste qui possède un service R&D performant, et effectués avec des partenaires comme l’Office national des Forêts (ONF), le Centre régional de la propriété forestière (CRPF), l’institut technologique FCBA (étude sur la mécanique du bois du pin gemmé) et l’Université de Mont-de-Marsan, avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine. Quant à la distillation, elle est réalisée chez Biolandes, basée à Le Sen près de Roquefort.

Au total, 20 travaillent pour le département BioGemme, avec 3 personnes à temps plein sur Biscarrosse.

Perspectives intéressantes pour les propriétés forestières…

La relance du gemmage dans de bonnes conditions est une excellente nouvelle pour le massif forestier landais, avec des exploitants publics et privés qui vont pouvoir ainsi bénéficier de ressources complémentaires.

BioGemme a mis en place une équipe dédiée, mais aussi un réseau de sous-traitants locaux et des saisonniers, notamment dans la période estivale pour assurer la récolte. « Le gemmage permet de faire revivre la forêt, avec des personnes sur le terrain qui peuvent ainsi avoir un œil sur les nuisibles, mais aussi sur les risques d’incendies. Cet enjeu d’entretien de la forêt est complété par une dimension sociale significative » insiste Luc Leneveu.

La société passe des contrats avec les exploitants forestiers, en ciblant des arbres destinés à être coupés dans les 2/3 ans, y compris au niveau des bois d’éclaircies. « Des recherches ont été menées pour vérifier qu’il n’y avait aucune détérioration de la qualité des bois » ajoute Jessica Brangé.

Aujourd’hui, un gemmeur travaille sur une quinzaine d’hectares, environ 4.500 pins par personne. Le rendement est de 3,5 kg de résine par arbre, soit 15 tonnes par an et par gemmeur. « Nous avons un réseau de personnes formées pour pouvoir intervenir efficacement dans la forêt. Elles ont un vrai savoir-faire. Nous leur fournissons le matériel, les machines, le consommables, l’activant… Les équipements ont été conçus pour apporter un maximum de sécurité mais également pour réduire la fatigue et protéger les gemmeurs des poussières d’écorce notamment » insiste Luc Leneveu.

COUP DE POUCE

Pour faciliter la mise en place d’une filière gemmage dans les Landes, vous pouvez relayer cet article auprès de vos relations afin de faire connaître largement cette démarche.

Si vous êtes exploitant forestier, vous pouvez prendre contact directement avec Luc Leneveu, responsable de BioGemme, par téléphone au 05 24 27 01 62 ou par mail
lleneveu@holiste.com

Informations sur le site internet d’Holiste

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