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Bidasoa Folk, la musique qui fait tomber les frontières

Du 21 au 23 août, Hendaye, Irun et Hondarribia vont faire circuler les rythmes d’un côté à l’autre de la Bidassoa.
Bidasoa Folk, une réussite de la coopération transfrontalièreBidasoa Txingudi DR
Pour sa 25e édition, l'événement prépare trois jours de concerts et de rencontres pour rappeler que les frontières sont parfois bien moins étanches que les musiques.

Il y a des frontières qui se franchissent avec quelques notes de musique. Du 21 au 23 août, Bidasoa Folk fera une nouvelle fois de la Bidassoa une ligne de partage… sans jamais en faire une séparation. Pour sa 25e édition, le festival réunira Hendaye, Irun et Hondarribia autour des musiques de racine, avec une programmation qui entend faire dialoguer traditions et créations contemporaines.

Depuis sa création en 2001, le rendez-vous est porté par le Consorcio transfrontalier Bidasoa-Txingudi, avec les services culturels des trois communes. Une coopération devenue suffisamment naturelle pour que le festival soit aujourd’hui présenté comme l’un des exemples les plus aboutis de collaboration culturelle transfrontalière du territoire.

La Bidassoa comme fil conducteur

Des musiciens venus des quatre coins du monde
Bidasoa Txingudi DR

L’idée originelle n’a pas changé, à savoir faire découvrir des musiques venues d’horizons différents tout en valorisant les racines culturelles qui constituent l’identité de Bidasoa-Txingudi. Le folk, ici, n’est donc pas une musique figée dans le passé. Il devient au contraire une matière vivante, que les artistes réinterprètent avec leurs propres langages.

« Atteindre la vingt-cinquième édition de Bidasoa Folk est un motif de satisfaction pour l’ensemble du territoire », souligne Nuria Alzaga, présidente du Comité de Direction du Consorcio selon la Ville d'Hendaye. Pour elle, le festival est devenu « un symbole de la collaboration transfrontalière » et un rendez-vous estival attendu aussi bien par les habitants que par les visiteurs.

Une ambition partagée par Estitxu Urtizberea, membre du Comité de Direction du Consorcio Transfrontalier Bidasoa-Txingudi, qui rappelle que le festival a su « évoluer tout en préservant son essence ». Les musiques traditionnelles contemporaines démontrent, selon elle, que les racines peuvent rester « une source de créativité, d’innovation et de rencontre ».

Trois jours, trois escales musicales

Trois villes, trois sites, mille raisons de se laisser transporter
Bidasoa Txingudi DR

Le vendredi 21 août, Hendaye donnera le coup d’envoi avec Kospei Star, formation née à Anglet en 2024 autour d’une passion commune pour les musiques balkaniques. La formation fera d’abord vivre son répertoire dans les rues de la ville avant de poursuivre avec un concert. Une façon très directe de faire sortir la musique de la scène et de l’amener au plus près du public.

Avec ses influences puisées notamment chez Goran Bregović, Balkan Beat Box ou encore Fanfara Complexa, le groupe défend une musique festive où les cuivres et les rythmes balkaniques donnent rapidement envie de suivre le mouvement. Pour ouvrir un festival transfrontalier, difficile de trouver meilleure métaphore : une musique qui voyage déjà de pays en pays.

Samedi 22 août, direction Hondarribia pour la journée centrale. Julie Rouault, jeune chanteuse d’Ascain, partagera l’affiche avec María Terremoto, figure du flamenco. Deux artistes, deux univers, deux manières de faire vivre un patrimoine vocal et populaire en le projetant dans le présent.

Le dimanche 23 août, Irun refermera cette édition anniversaire autour de l’accordéon et de ses multiples expressions. La trikitixa, instrument emblématique de la transmission musicale populaire dans le golfe de Gascogne, sera notamment à l’honneur.

Le public découvrira Caamaño & Ameixeiras, duo phare de la nouvelle scène galicienne de musique de racine, puis Xabi Aburruzaga. Le musicien profitera de sa venue pour célébrer ses 25 ans de carrière et présenter son dernier album, Bask. Une dernière escale qui ramènera donc le festival vers des terres familières.

Les racines comme langue commune

L'événement crée des passerelles culturelles
Bidasoa Txingudi DR

Ce parcours entre Balkans, Bretagne, flamenco, Galice et Pays Basque résume assez bien l’esprit du Bidasoa Folk. Ici, les racines ne servent pas à dresser des frontières culturelles, mais plutôt à construire des passerelles.

Le directeur artistique du festival résume cette ambition en souhaitant que le Bidasoa Folk demeure un espace de découverte, d’émotion et de rencontre entre les cultures. La gratuité des concerts participe depuis l’origine à cette volonté d’ouverture. Habitants du bassin de la Bidassoa, visiteurs, jeunes, moins jeunes, ou encore amateurs de folk peuvent ainsi se retrouver autour d’une même scène.

Pour cette édition anniversaire, la musique ne sera d’ailleurs pas la seule à raconter l’histoire du festival. Jusqu’au 23 août, le Centre d’Interprétation de la Bidassoa, installé sur le Pont Avenida, accueillera gratuitement une exposition réunissant les affiches des 25 éditions de Bidasoa Folk.

Un quart de siècle en images pour mesurer le chemin parcouru et rappeler qu’au-delà des concerts, le festival est devenu un morceau de l’histoire culturelle de la baie de Txingudi.

Sébastien Soumagnas

Bidasoa Txingudi DR

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