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Le foie gras est entré dans la folie de Noël

Le 18 Déc. 2018

Le Gers, avec 2.500 tonnes par an, est le troisième département français producteur de foie gras derrière les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

80% du foie gras en France est consommé entre la mi-décembre et le Jour de l’An. Dans notre pays, entre 17.000 et 18.000 tonnes de foie gras sont produites chaque année.


Responsable du Pôle élevage aviculture à la Chambre d’agriculture du Gers depuis une vingtaine d’années, Philip Everlet nous dresse le portrait du secteur foie gras gersois, alors que nous entrons dans la période de l’année où ce produit noble trône sur nos tables.

L’aviculture était, dans la ferme Gers, jusqu’à il y peu de temps encore, la deuxième production après les céréales. Maintenant la viticulture est passée un petit peu devant, mais l’aviculture (foie gras et volaille de chair) représente quand même 15 % du chiffre d’affaires de la ferme Gers


Par rapport aux années précédentes, comment se porte le marché du foie gras dans le Gers ?
Philip Everlet – Evidemment, avec deux années de crises liées à l’influenza aviaire, notre département a beaucoup souffert. Mais là, on retrouve un peu d’oxygène, ça se passe plutôt bien aujourd’hui. Grâce aussi aux producteurs qui ont beaucoup investi dans la bio-sécurité, que ce soit dans le matériel ou les méthodes de fonctionnement. Sans oublier les partenaires de la filière, c’est-à-dire les transporteurs. Donc aujourd’hui, la situation sur le terrain est saine… Heureusement, le consommateur se souvient de nous et il aime le foie gras. Plus de 80% des Français en consommeront pour les fêtes de fin d’année.


Combien le Gers compte t-il d’éleveurs de palmipèdes foie gras ?
Ph. E. – 900 éleveurs sont concernés par la production de foie gras. Notre particularité vient de notre filière courte, c’est-à-dire de la vente directe aux consommateurs. Elle représente entre 20 et 25% des volumes de production et concerne environ la moitié des producteurs.


Quelle est l’évolution du nombre de producteurs de foies gras ?
Ph. E. – Il est en baisse, comme est en baisse la population agricole. On comptait 12.000 agriculteurs dans le Gers, il y a une douzaine d’années. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 6.500. Quant aux producteurs de foie gras, ils sont passés de 2.500 à 900 dans la même période.


Combien de volailles sont destinées à la production de foie gras ?
Ph. E. – Le Gers produit 5 millions de canards gras par an. Il faut rajouter une spécificité gersoise : l’importance de l’élevage des oies. Elles sont à l’origine du foie gras dans le département. Les exploitations gersoises élèvent actuellement 30.000 oies chaque année pour la production de foie gras. Côté aviculture, il y a aussi 6 millions de volailles de chair ; le poulet Label Rouge, le poulet conventionnel et les volailles festives que sont le chapon et la dinde représentent environ 1 million de bêtes.


Des groupes « ultra » végans s’attaquent à la filière. Y-a-t-il des répercussions chez les éleveurs gersois ?
Ph. E. – Oui, bien sûr. Sur certaines communes, on a des producteurs qui se font taguer leurs enseignes de bord de route. Cela se limite à ce type de dégradations, sans aller physiquement chez les gens. On peut regretter que des minorités veuillent imposer ainsi leur mode de pensée et leur mode de vie. Nous sommes attentifs. Côté bien-être de l’animal, on a fait des efforts conséquents et ça se renforce encore avec de nouvelles réglementations.


La filière de l’aviculture attire-t-elle les jeunes ?
Ph. E. – Sur la soixantaine d’agriculteurs qui se lancent chaque année dans notre département, il y a environ une douzaine qui choisissent l’aviculture. Et sur ces douze, c’est moitié-moitié entre la volaille de chair et les palmipèdes à foie gras. Et sur cette demi-douzaine qui choisit la production de foie gras, la moitié choisira le circuit long en contrat avec une entreprise ; l’autre moitié préférera faire de la vente directe à la ferme.


Le foie gras bio n’existe pas ?
Ph. E. – Non. Parce que la réglementation européenne considère que le gavage n’est pas une alimentation libre mais forcée. Par contre, en amont, vous avez des producteurs qui utilisent du maïs et autres céréales bio.


Vous avez fait un clip vidéo pour la promotion du foie gras gersois…
Ph. E. – Ce support a été réalisé avec l’Association gersoise pour la promotion du foie gras, présidée par Philippe Baron. Avant tout, elle doit être exploitée par les professionnels à destination du grand public, lors des salons, des foires ou dans les boutiques de vente à la ferme. Ce clip présente la production de foie gras sous toutes ses facettes dans le département du Gers. C’est une balade gourmande, d’où le titre : « Sur la route du foie gras dans le Gers ».

 


Réalisé avec le Journal du Gers et Jean-Marc Ramel

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