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Grand Sud-Ouest, le défi de la protéine végétale

Le 03 Avr. 2019

Alors que les discours et annonces se succèdent depuis le dernier salon de l’agriculture, on fait le point sur le développement des filières oléo-protéagineuses en France et dans notre région…

Entre le vote et la préparation d’un « plan protéines » européen d’un côté et la création d’une charte « Soja France » par l’interprofession de l’autre, l’année 2018 a marqué un tournant dans la construction des filières végétales d’avenir. Le discours présidentiel du dernier salon de l’agriculture et le lancement d’une concertation par Didier Guillaume viennent encore de le montrer.


Les dernières publications de Terres Univia, l’interprofession des huiles et protéines végétales, complètent un peu le rapport de la commission européenne présenté en novembre dernier, qui soulignait la forte dépendance du vieux continent aux importations d’oléagineux (soja, tournesol, colza, etc.), avec 35% des consommations globales et seulement 5% des besoins en soja couverts par la production locale. L’Europe importerait ainsi 13 millions de tonnes de soja chaque année.

Cette dépendance au soja, largement utilisé dans l’alimentation animale, pousse aujourd’hui à l’essor d’une filière française. Actuellement, les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, « berceau historique de cette culture », représenteraient plus de la moitié d’une production hexagonale estimée à 400.000 tonnes de graines récoltées sur 154.000 hectares.


Le soja en vedette…

Mi-mars, l’interprofession a commencé par dresser un premier bilan alors que la charte Soja France, « fruit d’un travail collectif réunissant semenciers, producteurs, collecteurs, transformateurs et industriels », fête son premier anniversaire : Terres Univia parle déjà « de 20.000 tonnes de soja certifié » dans le Sud-Ouest, pour « plus de 220.000 tonnes de graines récoltées et 82.000 hectares cultivés en 2018 » (dont plus de 30.000 hectares en Nouvelle-Aquitaine).

L’objectif serait d’atteindre une production française de 650.000 tonnes de graines de soja charté d’ici 2025 afin « de répondre à la demande croissante des filières animales de qualité ». Une production qui devra s’étendre sur environ 250.000 hectares.


On rappelle que cette charte certifie des sojas « sans OGM, d’origine France, tracés et durables ». D’après Terres Univia, l’unité Sojalim de Vic-en-Bigorre, inaugurée à la rentrée 2017 par Avril et Euralis, transformerait déjà 12.000 tonnes de « graines chartées ».

La route est encore longue en France puisqu’actuellement, « ce sont encore 500.000 tonnes de tourteau de soja non-OGM qui sont importées pour satisfaire les besoins de la filière ». En sachant qu’on ne peut tracer efficacement ces importations ou connaître l’empreinte environnementale de leur production. L’enjeu est donc crucial, l’interprofession nous rappelant que le développement d’un soja français présente de nombreux avantages liés à « sa capacité à fixer l’azote de l’air et donc l’absence d’engrais azotés pour le cultiver ; sa robustesse face aux ravageurs et aux maladies permettant de le cultiver avec peu ou sans protection ; son rôle dans les rotations et ses bénéfices sur la culture suivante cultivée avec moins d’engrais et des rendements plus stables ».


Des filières en fort développement…

Sur le plan des filières olé-protéagineuses en général, Terres Univia a également insisté récemment sur le nécessaire développement des cultures biologiques. L’interprofession vient de publier son enquête, menée auprès des organismes collecteurs de graines et des premiers utilisateurs (triturateurs et fournisseurs d’aliments pour le bétail), et qui visait à « caractériser les besoins quantitatifs et qualitatifs en huiles, en protéines végétales et en légumes secs biologiques ». Sans surprise, cette étude met en lumière et confirme à la fois le fort développement de ces filières, la croissance importante des besoins et les freins qui subsistent encore pour les satisfaire.


Avec d’abord des disparités entre moitiés nord et sud du pays. Dans le Grand Sud, soja et tournesol représentent plus de 80% de la collecte oléoprotéagineuse, tandis que dans le nord du pays, les protéagineux comme le pois, la féverole et le lupin dominent. D’où la nécessité de plans adaptés à chaque zone. D’après les données de l’Agence bio, les surfaces d’oléagineux cultivées en bio avaient progressé de 10% en France en 2017, s’établissant à 59.200 hectares. Mais dans le même temps, outre le segment de l’alimentation animale, déjà évoqué et en croissance, la demande est dopée par le marché porteur de l’alimentation humaine : la consommation en bio aurait doublé en 5 ans et les besoins se font sentir.


Dorénavant, les freins et enjeux à son développement sont bien identifiés : « Des verrous techniques doivent être levés, notamment en mettant en place des références techniques, en particulier pour le colza. L’étude révèle qu’il serait nécessaire d’investir dans des installations de stockage et de tri pour la collecte. Il est aussi indispensable de mieux appréhender la diversité des demandes de l’aval et de la transformation, avec une culture commune sur la qualité attendue ». Bref, il y a du pain sur la planche pour les filières de la protéine végétale (bio ou non), mais l’impulsion et le ton sont donnés.

Plus d’informations sur le site de Terres Univia – cliquez ici

 

 

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