Jusqu’à présent, les communes ne se sont pas vraiment inquiétées, car l’essentiel des cas étaient constatés dans des propriétés privées, sans être véritablement répertoriés. Aujourd’hui, Hendaye tire la sonnette d’alarme en voyant les palmiers de son front de mer en danger.
Alerte donc au papillon palmivore et au charançon rouge ! Comme ça, il est tout joli, ce papillon du palmier. Même son nom savant sonne bien à l’oreille : le paysandisia archon. Mais derrière cette délicieuse appellation, se cache un tueur, un ravageur… de palmiers. Et malheureusement, voici qu’il débarque dans nos régions…
Vvenant d’Argentine, il a été introduit accidentellement dans le sud de l’Europe à la fin des années 90. Depuis, il s’est fait la main, enfin, la muqueuse sur tous les départements côtiers de Provence Alpes Côte d’Azur et du Languedoc Roussillon.
Et quand on se rend compte de sa présence, le mal est généralement déjà commis : les palmes jaunissent, dessèchent. Le palmier va mourir, le palmier meurt.
Tout cela pour vous confirmer la sinistre nouvelle : le paysandisia archon est en vol vers nos terres ; il a déjà été observé à Tarbes, dans les Landes et sur la côte basque. Bien sûr, à Pau, qui s’enorgueillit à raison de ses 1.600 palmiers de variété Phoenix, on prend la menace au sérieux. À Hendaye, une première alerte avait été lancée en 2024.
Et comme les enquiquinements volent en escadrille, il se trouve qu’un autre malfaisant, encore plus destructeur, soit également arrivé chez nous : le charançon rouge, originaire d’Asie, arrivé bien planqué dans des bois d’importation. C’est lui qui est à l’origine du dernier branle-bas de combat hendayais.
Les larves de ce redoutable curculionidé creusent des galeries dans la couronne du palmier pour se nourrir. Cette invasion n’est souvent visible que lorsqu’il est trop tard et que les dégâts sont irréversibles. Les plantes attaquées perdent la totalité de leurs palmes et meurent après le pourrissement complet du stipe (tronc).
La Municipalité a entrepris de sauver une partie de ses palmiers, mais ne peut pas tous les protéger faute de moyens suffisants. L’une des priorités est de sauvegarder les plus beaux arbres.
Du nématode aux phéromones en capsules…
Parmi les traitements utilisés, il y a la pulvérisation de nématodes, au niveau de l’insertion du feuillage, pour détruire les larves. Ces vers microscopiques sont utilisés dans la lutte biologique contre certains ravageurs. Mais, certaines espèces de ce ver peuvent aussi provoquer d’autres dégâts.
Ainsi, le nématode du pin, dont la présence a été signalée dans le Sud des Landes, est réputé pour être lui-même un tueur de résineux. Son apparition fait l’objet d’une forte mobilisation dans le massif forestier landais pour éviter une propagation qui pourrait être dévastatrice.
Une solution pourrait venir de la startup béarnaise, M2i Life Sciences, sur le bassin de Lacq. Elle produit notamment des phéromones en capsules : une véritable révolution pour la protection des cultures, mais aussi des parcs et jardins...
Le principe est simple : elle est capable de reproduire à l’échelle moléculaire les phéromones émises naturellement par divers insectes. Pour protéger cultures, parcs et jardins, ces phéromones (sous forme de gel) peuvent être placées dans des pièges pour attirer les mâles d’espèces nuisibles, ou bien dispersées sur le terrain pour perturber leur recherche de femelles.
Ces méthodes peuvent s’appliquer dans plusieurs contextes et à différentes espèces, du charançon des palmiers à l’eudémis des vignes en passant par le ver rose du coton. Parmi ses best-sellers, M2i écoulerait chaque année 900.000 sachets de produit contre la pyrale, espèce ravageuse de papillon.






Réagissez à cet article
Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire