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Publié le Mis à jour le

Grains de Sable

Vite vite !
  • Je me suis fait traiter de Parisienne ! Ca m’a fait un choc, vous pensez. Il s’agissait de deux jeunes. Bon, ok, il vaut mieux se faire traiter de Parisienne que de vieille ou de Bordelaise…Mais tout de même !

    Tout ça parce que je galopais comme une fondue dans les escaliers roulants pendant qu’eux se la jouaient « paquet sur un monte-charge », bien installés sur une marche et bloquant le passage. Comment font-ils tous ces gens qui restent sur les tapis roulants sans bouger ? Il faut un temps fou pour monter deux étages, du temps mort. Les escaliers et les tapis roulants sont-ils des endroits où il convient de perdre son temps ? Je monte ces trucs en courant, histoire de dégager du temps pour bosser, finir plus vite et aller m’affaler au soleil ou prendre le temps de le perdre en bavassant avec une amie.

    Un écrivain a écrit un livre intitulé : « Eloge de la lenteur ». Il y fait l’apologie de la sieste, de la contemplation du paysage et du temps suspendu. A lire par les athlètes du quotidien dont la devise est « vite vite vite ». De là à traîner sur le tapis roulant entre le troisième et quatrième sous-sol d’un parking glauque, il y a une marge !

    Et puis, pourquoi au fin fond des provinces ne serait-on pas aussi pressé qu’à Paris ? S’il est vrai que le terme « béarnais » n’évoque pas de prime abord la grande vitesse (au moins pour le train…), en Béarn, comme partout, on a souvent trop de choses à faire dans le temps imparti.

    D’accord pour l’éloge de la lenteur mais la rapidité n’a pas que des défauts. Changer de vitesse en fonction des activités est peut-être le commencement de la sagesse : prendre son temps à table avec famille ou amis mais faire son supermarché à toute bombe, dormir au soleil après quelques heures de ménage rondement menées, dépasser le 30 à l’heure sur la nationale histoire d’être plus vite à pied d’oeuvre pour la balade en montagne et pouvoir offrir à la sieste d’après pique-nique une rallonge…

    Gagner du temps pour mieux le perdre. C’est comme faire des économies pour tout craquer un jour pour un truc dont on a vraiment envie. A ce compte  là, je veux bien être traitée de Parisienne !

    Pasquine l’Islet

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