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La poule noire d’Astarac roule plein pot… et en plein air

Le 28 Fév. 2020

Toujours en route vers l’AOP, le gallinacé cher à Henri IV revient en grâce à tire-d’aile depuis quelques années, régulièrement soutenu par d’appétissantes opérations culinaires…

La Sica Noire d’Astarac-Bigorre, société créée en 2015 et présidée par Jean-Paul Beuste, commercialise la production d’une vingtaine d’éleveurs de l’emblématique poule gasconne. Elle sera bientôt dotée d’un nouveau couvoir à Trie-sur-Baïse.


La poule noire gasconne, presque éteinte au milieu du siècle dernier, mais ressuscitée depuis quelques décennies, c’est un peu notre phénix à nous. Et puis c’est aussi la fameuse volaille de la poule au pot si appréciée du bon roi Henri IV.

Si elle a bien failli y passer avec l’arrivée de l’élevage intensif et l’essor de l’hybridation, elle a ressuscité dans les années 80 et la voilà bel et bien partie à la conquête d’une AOP qui lui siérait comme un gant. On se souvient qu’en 2003, la création à Masseube de l’association « La Poule Gasconne » avait consacré son grand retour. Moins de 10 ans plus tard, cette association déposait la marque « Noire d’Astarac-Bigorre », prélude à la structuration d’une véritable filière.


Depuis fin 2015, une société commerciale, la société d’intérêt collectif agricole (Sica) Noire d’Astarac-Bigorre, vend la production volaillère des quelque 22 éleveurs qu’elle fédère (il y en aurait un total d’une quarantaine dans l’ex-Aquitaine). Elle sera prochainement dotée d’un couvoir à Trie-sur-Baïse et viserait toujours, en même temps que l’AOP, les 20.000 « crêtes » par an. On parle d’une production de volaille haut de gamme et respectueuse de l’animal, qui s’élève idéalement en liberté et a besoin de temps pour arriver à maturité (respectivement 6 et 8 mois pour poules et chapons, contre 3 pour un poulet sous label classique).


La poule au pot et en dehors !

Jean-Paul Beuste, qui préside ladite Sica et gère la ferme gersoise du Vidalies, exploitation de 50 hectares à L’Isle-de-Noé, le nourrit tout comme ses bovins de céréales cultivées sur place (blé, maïs, orge, soja), selon le bon vieux principe de l’autoconsommation. C’est aussi à ces conditions que le gallinacé acquiert son goût unique, et la plupart des éleveurs seraient aujourd’hui dans l’optique d’évoluer au maximum vers cette forme d’élevage autonome.


Ce goût unique de la belle d’Astarac et de Bigorre est régulièrement célébré, dans le cadre d’une savoureuse opération « Poule au pot » imaginée par La Poule Gasconne, qui propose à des chefs de revisiter le plat mythique. Lire notre article, cliquez ici


Un peu plus loin dans le temps, on se souvient aussi d’une expérimentation originale du syndicat mixte Trigone (de production d’eau potable et de traitement des déchets du Gers), qui avait proposé en 2014 à une centaine de foyers gersois d’accueillir chez eux des poules noires pour détourner leurs bio-déchets alimentaires des sacs poubelle.


Cette bonne vieille poule noire a décidément plus d’un tour sous ses plumes… Il paraît d’ailleurs qu’on la retrouvera bientôt à la carte de l’Auberge du Vieux Puits, restaurant 3 étoiles de Gilles Goujon à Fontjoncouse, dans l’Aude. Sûr que la charmante volaille gasconne s’accommodera aussi très bien dans les Corbières… Après tout, elle était il n’y a pas si longtemps l’ingrédient principal d’un plat national.

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