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Vers une filière de revalorisation du plastique au Pays Basque

Pays Basque Industries lance à cet effet un Appel à Manifestation d'Intérêt pour recenser les entreprises industrielles qui possèdent des déchets plastiques sur le territoire.
Granulés de plastique recyclés
DR
Les gisement de déchets de plastiques ne se cantonnent pas uniquement aux adhérents de l’association, mais bien à tous les industriels locaux.
Granulés de plastique prêts à fondre une autre pièce
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Dans la quête à la décarbonation des entreprises, plusieurs secteurs peuvent être contribuer à la transition énergétique et environnementale des sociétés. Comme vous le savez probablement, le transport génère d'énormes émission de Co² ce qui exhorte les entreprises à préférer le circuit court pour s'approvisionner en matière première. Cependant un autre domaine contribue fortement à diminuer l'empreinte carbone d'une société, à savoir le recyclage.

En effet, le recyclage des déchets comporte plusieurs avantages qui n'ont pas échappé à l'association Pays Basque Industries (PBI) qui intervient auprès et avec les industriels adhérents du territoire, pour les accompagner vers la décarbonation. L'association compte aujourd'hui une cinquantaine d'entreprises comme Sokoa, Bastidarra, Alkar ou encore la Brasserie du Pays Basque qui se sont d'ores et déjà engagées, pour certaines depuis bon nombre d'années d'ailleurs, vers la transition énergétique et environnementale.

Le plastique c'est fantastique...

… Surtout si on le revalorise à des fins de recyclage. Sachant que seulement 25% des plastiques sont recyclés en France, Thibault Hourquebie, chargé d'affaires au sein de PBI, est parti de ce postulat pour lancer un projet collaboratif autour de la revalorisation du plastique industriel. Comme il le souligne, « nous essayons de lancer un projet collaboratif autour du plastique industriel parce que nous nous sommes rendus compte qu'il n'était pas suffisamment revalorisé dans l'industrie. »

En effet, faute d'avoir des volumes suffisants qui intéressent les professionnels du recyclage capables de revaloriser la matière, les TPE/PME du territoire se retrouvent contraintes de trouver d'autres voies comme les DIB (Déchets Industriels Banals) ou les gros collecteurs du type Suez. Conclusion : le coût pour l'entreprise est loin d'être négligeable puisqu'elle doit assumer le coût logistique de l'enlèvement et son rebut n'est pas revalorisé.

D'où l'idée proposée par Thibault de « mettre en place une filière 100% Pays Basque de collecte, tri et transformation en matière première. » Ce concept d'économie circulaire dans le domaine de la plasturgie permettrait aux industriels basques en demande de plastique recyclé de profiter des chutes ou déchets d'autres industriels du territoire.

Le plastique, une revalorisation cyclique

Appel à Manifestation d'Intérêt
PBI DR

Pour se faire, la revalorisation du plastique suivrait quatre étapes. La première consisterait à identifier géographiquement les gisements en faisant appel aux différents industriels du Pays basque afin qu'ils communiquent les informations sur leur typologie de plastiques (quantité, couleur ou encore polluants dessus...) afin de les connecter à la quatrième étape, à savoir « recenser les industriels qui auraient des besoins en plastique recyclé pour fabriquer des pièces. »

Entre ces deux étapes, les deux autres consistent à la production de la pièce. Le plastique récupéré doit être retransformé en matière première, soit en granulés, broyat, ou encore plastique mixte. Selon les résultats de l'appel à Manifestation d'Intérêt, il se peut que de gros gisements se fassent connaître ce qui permettrait de massifier des flux en “regroupant” certains déchets afin d’atteindre les volumes de collecte nécessaires des entreprises spécialisées, pour leur reprise et valorisation, tout en réalisant des économies.

Des adhérents déjà impliqués

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Parmi les adhérents de PBI, nous retrouvons tous types d'industriels qui utilisent chacun, de plus ou moins grosses quantités de plastiques différents. Ces sociétés sont sensibles à la protection environnementale, certaines ayant déjà mise en place leur propre charte RSE. Concernant le plastique, l'entreprise de fabrication de sièges Sokoa est déjà encadrée par le label ISO 14001 depuis 2006 dont l'objectif est de trouver des filières de valorisation de leurs déchets.

Timothée Acheritogaray, le directeur général de l'entreprise historique de sièges Sokoa située à Hendaye, le confirme : « nous sommes sur une démarche d'écoconception de nos produits, soit avec de la matière recyclée ou recyclable. Nous sommes déjà en veille sur ces démarches et les avons déjà introduites sur le cahier des charges de nos nouveaux produits. » La société est effectivement sensibilisée à ce principe d'économie circulaire depuis une dizaine d'années, notamment avec leurs invendus mais aussi sur la filière textile qui utilise leurs chutes pour faire de l'upcycling.

Pour participer à l'Appel à Manifestation d'Intérêt, veuillez vous connecter avant le 31/08/2023 aux liens suivants :

1-Répondre à l’enquête : Formulaire
2-Compléter le fichier : Excel
Pour ce dernier, lire la note d'information (onglet 1) puis créer un onglet au nom de votre entreprise et remplir le tableau.

Sébastien Soumagnas

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